jeudi 18 février 2016

[Critique] Horrostör - Grady Hendrix

Bien le bonjour, ami lecteur ! Nous revoilà repartis, une fois de plus, pour un long monologue de ma part. Aujourd'hui on s'attaque à Horrostör, un roman d'horreur/aventure/Ikea de Grady Hendrix. Oui, mon cher lecteur, tu as bien lu ces trois mots; ils définissent bel et bien le roman dont nous allons parler. 

Que vous dire sur l'auteur ? Je ne le connais que de seul roman, pour le moment, bien qu'il ait écrit plusieurs romans et nouvelles. Je te l'avoue, mon cher ami lecteur, que m'étant renseigné sur le personnage, je suis assez intéressé de lire ses autres productions : il semble avoir un sens de l'humour prononcé et est loin d’être dénué de talent au vu de Horrostör. Il se serait ainsi attaqué, avec d'autres auteurs et dessinateurs, à différentes histoires/romans afin d'en faire des adaptations sous formes de bandes dessinées (j'en ai lu quelques planches, disponibles sur le net et je les ai d'ailleurs bien aimé). N'en connaissant guère plus sur le bonhomme, je ne pourrais disserter pendant des heures sur lui; pas comme avec notre cher Isaac Asimov. Tu sais bien, notre dieu à tous, Asimov. J’espère que tu as aimé mon précédant article justement, qui était le premier que je publiais sur mon auteur fétiche. Mais bon, je présume que si tu es là, mon camarade lecteur, c'est que tu sais déjà tout ça.

La couverture, qui te donne un début de ton avec les cadres photos.
Bon, me revoilà partie en digression, une fois n'est pas coutume, hein ? Revenons sur notre sujet de base : Grady Hendrix et son roman. L'histoire se déroule dans un cadre volontairement satirique  d'un magasin qui ressemble fortement à un Ikea et appliquant toutes les méthodes du management actuellement mises en avant. Vous savez bien, ces techniques consistants globalement à faire de tous les employés des copies conformes, des sortes de clones bien obéissant. Et nous on suit les aventures de Amy, employée à la "grande gueule", qui ne se met pas dans le moule. Elle ne se sent donc pas vraiment à sa place, à l'impression de gâcher sa vie et est sûre et certaine que son supérieur cherche à la virer. Et qu'il ne l'aime pas, bien sur. Voir même qu'il cherche spécialement à lui mettre des bâtons dans les roues. Malheureusement pour elle, elle se retrouve à devoirs surveiller de nuit le magasin, en compagnie de son supérieur justement, et d'une caissière. Et deux deux autres employés, mais eux n’était pas censé être là. Sans compter un SDF qui dort la nuit dans le magasin. 

Le mec en bleu, c'est le Supérieur. Les autres, ce sont tout ces employés qui
ne sont pas sensé être là/qui n'ont pas envie d’être là, ce soir là, avec lui.
Tout ce beau monde est là, sauf le SDF, pour comprendre d'où viennent les différentes dégradations que subie régulièrement l'enseigne (tas de caca sur des canapés, fuite d'eau, objets qui disparaissent, graffitis qui apparaissent, SMS étranges, etc...) car le lendemain de cette nuit spécifique, un enquêteur provenant du Siège Social vient pour comprendre pourquoi ce magasin a tant de destructions de biens, et si régulièrement. Basil (le supérieur) flippe un peu pour sa place, et celles de ses employés (mais Amy vous dira qu'il flippe surtout pour sa place) et c'est pourquoi il organise cette garde de nuit exceptionnelle. Et c'est ainsi qu'ils découvrent deux des employés, occupés dans un des lits d'expositions, qui sont là (entre deux parties de jambes en l'air) afin de filmer des fantômes ! Et bien, oui, c'est la solution la plus logique, non ? Des dégradations dans un magasin, c'est forcement le coup de fantôme ! Qui doivent quand même vachement se faire chier dans l'au-delà pour venir poser leurs pêches sur un canapé Ikea... Orsk, excuse moi lecteur. 

Cela donne envie, hein, d’être client chez eux ?
Bref, tout cela et bel et bien beau, sauf... qu'il y a Carl. Carl, c'est le SDF dont je vous parlais un peu plus tôt. Pas méchant, non, mais un peu ... atypique. Malade même. Ainsi, il avoue ne pas se souvenir de tout... Et qu'il a mal au ventre... Et qu'il vient depuis pas mal de temps dormir la nuit dans le magasin. Bref, tu vois où je veux en venir, non ? Et l'histoire pourrait se finir là, avec une explication logique. Oui, mais il reste le problème des SMS étranges que tout le monde reçoit, les graffitis qui apparaissent tout seul, y compris une fois Carl récupéré. Et oui, et là tu fais quoi, hein ? Tu ne sais pas ! Et bien c'est simple, tu fais une séance de spiritisme. Oui, c'est ce qu'ils font. Ce n'est pas vraiment ce qui me serait venu à l'idée, hein, mais bon, ils font ce qu'ils veulent. C'est typiquement le comportement adopté par des personnages de films d'horreur, mais bon, c'est un détail. Et voici donc que nos amis se lancent dans cette entreprise et qu'ils ... réussissent. Oui, c'est triste. Pour eux surtout. Et ils réveillent quoi ? L'ancien directeur d'un asile/prison/lieu de torture. Et les patients "traités". Qui sont tous morts suite au suicide du directeur, qui a, en plus, inondé tout l'édifice avant de se tuer. Vous le sentez, que cela sent le sapin là, non ?

Oups. Mauvais jet de dés...
Et donc je ne vous en dirais pas tellement plus sur l'histoire, pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lire. Globalement, après ce passage, c'est la foire de l'horreur, de la torture, de la peur et de l'humour. Oui, de l'humour. Grady Hendrix est un auteur que j'ai particulièrement apprécié pour l'humour qui parsème son roman, malgré le contexte de l'histoire qui pourrait ne pas s'y prêter (moi, cela ne me ferais pas rire d’être coincé dans un magasin géant hanté de nuit au milieu de nul part). L’ambiance se partage entre Silent Hill (la scène où l’héroïne se retrouve avec plein d’infirmières damnées en bas d'un ascenseur, de tête) et une comédie. Un mélange explosif, soutenue par le style de l'auteur qui est très fluide, simple, mais bien. A noter que je dis simple, mais pas simpliste; je suis assez persuadé que l'auteur n'a pas laissé un seul mot au hasard dans son roman, bien au contraire. Au niveau du visuel, l'édition que j'ai est vraiment belle avec à chaque chapitre une illustration représentant un document du magasin, une pub pour un meuble, etc ... Au fur et à mesure que les personnages descendent dans leurs enfers personnels, les illustrations deviennent de plus en plus sombres, jusqu'à représenter des instruments de torture. Mais toujours en gardant l'aspect "pub", donc agrémenté de slogan positif : "Jodlöpp. Un pas lent et assuré ainsi qu'une posture bien droite sont fortement recommandés quand vous portez le masque à pointes de fer. Jodlöpp donnera à votre tête le poids nécessaire pour qu'elle reste courbée en signe de soumission permanente. Il est également muni d'une clochette qui ne manquera pas de prévenir votre entourage de votre présence.". Alors, tenté pour un achat ?

Le Bodavest, un autre modèle très séduisant.
Voilà tout pour Horrostör de Grady Hendrix ; je vous le recommande chaudement, j'ai réellement pris beaucoup de plaisir à le lire et à partager les aventures de Amy et ses compères. Quand j'aurais mis la main sur d'autres récit de l'auteur, je vous donnerais mon avis dessus, afin de voir si c'est réellement un bon auteur ou si c'est juste une petite perle, ce livre là. En attendant, je vais me pencher sur d'autres livres, afin de vous donner bientôt de mes nouvelles ! Je n'ai été que trop absent ces derniers temps, n'est-ce pas, mon cher lecteur ? Bien entendu, en attendant, n'oublie pas que le plus important, c'est bien sûr d'avoir un livre au coin de l'écran !

PS: Même si, encore une fois, c'est toujours mieux si c'est un bon livre.

dimanche 14 février 2016

[Critique] Histoires Mystérieuses - Isaac Asimov

Bonjour/bonsoir ami lecteur ! Nous y voila enfin, à notre premier article sur Isaac Asimov, notre dieu bien-aimé. Tu l'as attendu, je le sais bien, j'ai pris mon temps avant d'enfin produire un article sur le Maître. Tu t'en doute, mon ami, Asimov ce n'est pas Marcel du Bar Mitsva ; ni même Roberta et ses traductions ... approximatives. Je ne te parle même pas de Maurice, qui ne fait que tenir son bar; l’écriture, lui, il ne connait pas, en dehors du journal. Et encore, pas tous les jours.

Non en effet, Isaac Asimov c'est l’Écrivain, avec un É majuscule. Celui qui a permit à ce magnifique genre qu'est la science fiction d'entrer dans la postérité. Il est l'un des maîtres du genre, aujourd'hui encore indétrônable. Il serait encore en vie qu'il aurait toujours ce regard plein de tendresse envers ceux qui tentent de donner vie à leurs rêves, tout comme à ceux qui par la suite les lisent. Tu le sais, mon ami lecteur, que je pourrais bien faire un article entier à vanter l'homme derrière son œuvre ; mais ce n'est pas là le but de cet article. Non, ici nous allons parler de son recueil de nouvelle "Histoires Mystérieuses". Je le vois bien, mon ami, que tu es déçu, mais sèche tes larmes : nous allons en parler, de notre maître écrivain, mais ce sera fais dans d'autres articles. Et puis, l'attente augmente ton désir et ton plaisir, j'en suis convaincu et tu te dois d'en être convaincu également. 

Voila, vous avez jouis et maintenant, on pleure plus.
Mais reprenons, comme toujours je me laisse aller à diverger dans mon propos. Le présent ouvrage est donc un recueil de nouvelles, toutes ayant pour thème central les enquêtes. En effet, notre bon Asimov n'a pas écrit que de la science fiction, bien qu'il soit en France principalement connu pour ça. On ne présente plus sa grande saga qu'illustrent ses cycles des Robots, de l'Empire et de la Fondation; pourtant ce ne sont pas ses seules œuvres. Et en vérité, il ne s'est pas contenté d’écrire uniquement de la science fiction; non ce grand auteur qu'est Isaac Asimov est un touche à tout, passant d'un genre à l'autre, écrivant parfois de la science fiction, parfois des romans, parfois même des adaptations, mais aussi des livres de cours. Oui, des livres de cours. Utilisés par les écoles américaines, si c'est pas classe ! Pour en revenir sur les "Histoires Mystérieuses", elles contiennent donc des nouvelles parfois de science-fiction, ce genre étant bien représenté dans son ouvrage, mais également des nouvelles étant simplement des enquêtes. Celles-ci revêtent différentes formes : parfois on recherche le coupable d'un crime odieux, parfois c'est la recherche d'un simple élément du passé dans un grenier poussiéreux. 

En dehors de l'écriture, que je trouve irréprochable comme toujours (mais je ne suis pas objectif, je dois bien l'avouer, quand il est question d'Asimov), un des aspects que je préfère dans ce recueil est la présence d'ante-scriptum et de post-scriptum à chaque nouvelle, toujours écrite par Asimov lui même et qui livre un contexte à la nouvelle, les retours que l'auteur a eut à sa publication initiale, son avis sur celle-ci, ses incohérences, etc... On a ainsi une vision toute particulière de la nouvelle qu'on a sous les yeux, mais également une certaine image d'Asimov qui se dégage de ces écrits plus personnels, en dehors de la fiction. L'auteur devient un être tangible et non uniquement une entité nébuleuse et inconnue ayant écrit le récit : il transcende d'une certaine manière le livre pour se présenter à nous, nous tenir une conversation, nous faire une blague parfois.

Isaac, notre cher Isaac Asimov, notre Dieu.
Au niveau des histoires, mystérieuses donc, nous avons droit à des récits parfois très courts, se basant sur un jeu de mot, parfois sur des intrigues dont la finalité nous est déjà connue, à nous qui lisons l'ouvrage, et tout l’intérêt de l'histoire sera de voir comment les protagonistes vont réussir à comprendre le mystère et surtout comment ils vont le comprendre. Les rythmes des différentes nouvelles sont assez changeants, mais c'est logique puisqu'elles n'ont pas été écris à la même époque, pour le même but ni dans un tout sensé être cohérent. On retrouve ainsi entre les différents récits des incohérences, des choses qui s'opposent ; mais comme dirait Asimov : Emerson ! Tu ne comprends pas ? Ce n'est pas grave, lecteur, il faut juste lire ce livre. Moi, essayer de te faire du chantage ? Essayer de te corrompre ? Tu me prête là des intentions malveillantes et manipulatrices ! Je ne suis pas comme ça, non ? Si ? Ah ... Maintenant que tu me le dis ...Bon, c'est vrai, je suis comme ça.

C'est lui, Emerson. Pour information.
Mais pour me faire pardonner, je vais te donner un exemple de nouvelle : il y a par exemple l'histoire des Chante-Cloches, des objets extrêmement rares et fragiles provenant d'un corps céleste bien connu. Un homme, un criminel patenté mais qui échappe grâce à son ingéniosité au revers patriarcal de la loi depuis toujours ; là encore il produit un comportement fort inapproprié en tuant son compère et en récupérant des Chante-Cloches à des fins de contrebande. Une fois revenu sur Terre, la police l’arrête assez rapidement, sachant pertinemment que c'est lui mais ne pouvant le prouver ; l'intrigue consiste alors à voir la police s'adresser à un personnage récurant d'Asimov, le professeur Urth (attention, jeu de mot avec le nom de notre planète en anglais) spécialisé dans l'étude des corps célestes autre que la Terre mais souffrant de la phobie des transports; il n'a ainsi que très rarement, au cours de sa vie, voyagé. Au moment où nous le retrouvons dans les différentes nouvelles d'Asimov, il se trouve à son domicile duquel il ne sort que pour aller au campus universitaire où il enseigne et qui ne se trouve qu'à quelques kilomètres de là (qu'il fait à pied, bien entendu). Pour autant, malgré sa spécificité et ses manières particulières - que je vous laisserais découvrir en lisant les œuvres de notre Dieu Asimov - notre bon Dr Urth est le spécialiste de son domaine, et de loin. Et c'est bien grâce à ses connaissances et son esprit à l'intelligence singulière qu'il est en mesure de résoudre (facilement) l’énigme posée par le criminel. Oui, je reste vague, je le sais bien, mais c'est pour ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir, par vous-même, les œuvres de notre écrivain adoré !

En conclusion, même si parfois les énigmes posées ne sont pas forcement difficiles à comprendre, même si parfois la nouvelle ne fait que deux pages et repose sur un simple jeu de mot à la toute fin de celle-ci, même s'il y a des incohérences flagrantes entre elle/avec les connaissances actuelles de la science, je ne me lasse pas de lire et relire "Histoires Mystérieuses". L'humour (qui n'est pas forcement présent dans chaque récits), le style des écrits, les jeux de mots, etc... sans compter les ante et post-scriptum rajoutés dans cette édition des nouvelles donnent à tout le livre une saveur sans pareil, une manière d’apprécier aussi bien l'homme derrière son œuvre que l’œuvre elle-même. Vous ne connaissez pas Asimov ? Vous pouvez bien commencer en lisant cet ouvrage. Vous le connaissez déjà ? Lisez le aussi, vous apprécierez autant que vous appréciez le reste de son œuvre. Vous ne l'aimez pas ? Vous n'avez pas de goût, mais ce n'est pas une fatalité.

Un jour, je t'apprendrais le bon goût. Un jour.
En attendant, après avoir réécrit cet article trois fois pour obtenir une version acceptable à mes yeux, je vous dirais simplement que le plus important c'est bien sur, comme toujours, d'avoir un livre au coin de l'écran !

PS: Mais de préférence, un livre d'Isaac Asimov, tout de même.

dimanche 17 janvier 2016

[Critique] Elantris - Brandon Sanderson

Lecteur, mon cher camarade, toujours là (enfin, je l’espère) pour lire mes avis divers et variés sur les livres qui me passent sous les doigts, aujourd'hui je pense à toi. Pas de science-fiction. Si si, tu lis bien. Je vais traiter d'un autre type de livre ; de vrai de vrai. Un livre de quoi ? Un roman fantastique, bien sûr. Qui est aussi très bien, selon mon avis de référence, à savoir moi-même. Comme quoi certains genres portent bien leurs noms.

Bref, je te fais confiance, lecteur, pour reconnaitre le nom de l'auteur dans le titre de l'article. Hein ? Cela ne te dis rien ? Bon, on va dire que je ne te l'ai jamais dit, mais jette un œil à mon article sur "La Roue Du Temps". Ah, tu vois bien que tu connais déjà Brandon Sanderson ! Je suis fier de toi, lecteur, sache-le. Alors, qu'est-ce qu'Elantris pour l'auteur ? Rien de moins que son premier roman publié. C'est le roman qui lui a fait mettre les pieds sur le devant de la scène, c'est son premier contact avec le public ; c'est son premier contact avec moi. Et je dois bien avouer qu'il ne m'a pas déplu. 

Pourtant, cela ne commence pas vraiment bien : Brandy (oui, nous l'appellerons Brandy. Je fais ce que je veux d'abord.) a la tendance, que je trouve peu appréciable, de nous matraquer de termes inconnus. Quand c'est bien fait (et là, hum, ce n'est pas vraiment le cas.) on se sent intégré à l'histoire, on a l'impression de voir un monde étranger et de suivre la vie des personnages. Ici, non, je me sens juste paumé. Surtout que j'ai relu, une fois de plus, ce roman afin de faire la lecture a votre Sainte Déesse, ma compagne bien entendue. Et oui lecteur, je vais essayer de te convertir à mes dieux : Asimov et Jean-Jesus (oui, c'est vraiment le pseudonyme de ma compagne sur le net. Désolé.). Toujours est-il que ma relecture a mis au jour que mes goûts littéraires ont en partie changés. Je suis plus tatillon, pour tout dire. Et j'ai beau, moi, connaitre les termes inventés se trouvant dans le livre (les titres, les nations, etc...) je ne peux m’empêcher de penser à quelqu'un ne les connaissant pas. Et j'en ai un parfait exemple : ma compagne, à qui j'en fais la lecture. Les premiers chapitres ont été très confus, elle ne cessait de me redemander ce que signifie tel ou tel terme, qui est ce personnage, etc... Pour la défense de l'auteur, je note tout de même qu'il ne se contente pas de poser un pavé pour donner les définitions des différents mots. Vous savez, cette manie détestable utilisée dans des animés par exemple, où un personnage rencontre son meilleur ami et nous donne son CV complet.

Bon, là-dessus il faut tout de même avouer qu'il finit par nous donner gentiment ce qui nous manque afin de comprendre la signification de ces termes quelques pages après l'introduction de ceux-ci. C'est gentil. Nécessaire aussi il parait. Bref. Mais ce n'est pas le seul défaut de ce premier roman : les stéréotypes. Et oui, toute la narration se fait autour de trois personnages, mais j'y reviendrais plus tard, et ces trois personnages sont ... des stéréotypes. Et c'est un défaut immense. Heureusement, Brandy est un bon auteur, et son livre à de nombreux avantages pour contrer tous ces éléments négatifs. Certes, ces personnages sont clairs comme de l'eau de roche; mais ils évoluent. Faut pas croire, mais c'est mine de rien assez rare que des personnages évoluent, et en bien. Je veux dire, à part dans des livres où il y a un chemin initiatique (et ils ne sont pas si nombreux que ça, en dehors de l'heroic-fantasy), le personnage de fin est assez semblable au personnage du début. Et là, clairement avec le personnage du prêtre, ce n'est pas du tout le cas. D'ailleurs je noterais au passage que c'est le personnage que je préfère.

Un autre des points forts d'Elantris, c'est la structure de la narration : trois chapitres qui s'alternent, chacun montrant l'histoire selon le point de vue d'un des trois personnages principales. Cette forme cyclique permet de donner un certain rythme d'une part, mais également de donner à une même situation différents points de vue, totalement différents voir en opposition. Car, en effet, les trois personnages sont un prince, Raoden, une princesse, Sarene, et un haut prêtre, Hrathen; ces trois personnages passent la majeure partie du récit à s'opposer entre eux. En effet, à la base Raoden et Sarene sont fiancés sauf que le jour de l'arrivé de Sarene dans le pays du prince, celui-ci est annoncé mort ; son contrat de mariage, servant d'alliance entre les deux royaumes, stipule qu'en cas de mort du fiancé la princesse doit rester dans le royaume afin de garantir l'alliance. Elle décide d'en profiter pour remettre un peu d'ordre dans le royaume car c'est le bordel suite au nouveau gouvernement mis en place il y a dix ans. De son côté, Raoden n'est pas mort : surprise mother-fucker ! Enfin, il n'est pas mort ... complètement.

Le nom du livre, Elantris, provient d'une cité homonyme, dont les habitants sont considérés par les autres peuples comme des demi-dieux/dieux et qui gouvernaient le pays dans lequel la cité se trouve. Après tout, les elantriens possèdent une magie contrôlée par les Aons, une série de symbole servant également d'alphabet ; leur durée de vie est bien plus longue, ils ont une peau argentée/blanche, tout comme leurs cheveux. Or les elantriens sont d'anciens hommes et femmes tout à fait normaux ayant subi le Shaod, une transformation prenant aux hasards les habitants du royaume où se trouve la cité. Dix ans avant le début du récit à eut lieu le Reod, un cataclysme ayant transformé ces demi-dieux en créatures noirâtres, maladives, maudites ; le Shaod continue à faire son œuvre mais ne transforme plus les habitants en elantriens mais en ces âmes damnées. Le royaume les boucles tous dans la cité d'Elantris ; je te le donne en mille, ami lecteur, qu'arrive-t-il au prince dont je te parlais tout à l'heure ? Bim, un petit Shaod des familles dans les dents ! Du coup, officiellement il est mort, mais en vrai vit exilé dans la cité ; nous l'y verrons tenter de redonner forme à une société, les elantriens devenant fous : ils n'ont en effet aucune nourriture si ce n'est un panier d'offrande à chaque nouvel arrivant (étant considéré comme mort, les nouveaux elantriens ont droit au même rituel que les personnes véritablement mortes) et ils subissent éternellement (puisqu'ils ne peuvent mourir que de très peu de choses, en prenant en compte qu'ils ne sont plus soumis au vieillissement depuis le Reod.) chaque douleur subie (aucunes de leurs blessures ne peut en effet guérir). Bref, ce n'est pas la joie.

La-dessus, Hrathen, un prêtre assez haut gradé dans sa religion, est chargé de convertir ce pays. Dans l'idée, il prépare le terrain à la conquête car sa religion a en effet pour centre un peuple spécifique et celui-ci se sert de cette religion pour étendre son emprise sur les autres royaumes et peuples. Il est bien sûr en opposition à Sarene, puisqu'il veut soumettre le pays à la domination de son empereur, mais également à Raoden puisqu'il veut se débarrasser des elantriens qui sont pour lui une hérésie, un blasphème. Sarene s'oppose donc bien sûr à Hrathen mais aussi à Raoden qu'elle prend, ne sachant pas qui il est, un tyran contrôlant tout Elantris ; seul Raoden ne s'oppose à personne si ce n'est à la bêtise et à la violence. Jusqu'à la fin son seul but sera de sauver les elantriens, de comprendre comment Elantris a chuté, de résoudre le mystère de Reod. Bien que son personnage soit un des plus sages, si ce n'est le plus sage, il ne connait pas d’évolution : du début à la fin il est l’archétype du prince qui règne par l'amour, soutenu par ses sujets car il donne tout ce qu'il a, en biens matériels comme immatériels, pour leur bien-être. Il est doué, intelligent, beau, courageux et j'en passe : bref, le prince parfait.

Sarene, elle, est la femme indépendante, qui n'est pas superficielle, mais qui a peur au fond d'elle de l'image qu'elle renvoie aux autres. Elle n'aura de cesse de se demander si les gens l'aiment, de se répondre que non, ils l'admirent mais ne l'aiment pas, qu'elle est trop intelligente, etc... Et bien sûr, elle est intelligente, forte, douée, c'est une diplomate hors pair et même quand elle fait une bourde cela se solde généralement à son avantage. Et elle sera toujours comme ça à la fin. Seul Hrathen évolue vraiment, et c'est à mon sens lui qui donne tout l’intérêt aux relations des personnages : dès le début, on apprend qu'il vient d'un pays voisin, où il a provoqué une guerre civile afin de donner le contrôle à sa religion et son peuple, il en éprouve des regrets à cause des morts, mais trouve tout de même justifiée son action ; il est tout à fait prêt à recommencer dans ce pays si c'est nécessaire à sa conversion. Il n'est pas, contrairement à d'autres membres de son clergé, un fanatique, bien au contraire il place son intelligence et une réflexion minutieuse avant tout. Au court du livre, il se rendra peu à peu compte qu'il a perdu sa foi, et que son œuvre est tout sauf bonne ; la moitié du récit, voir les trois quarts en vérité, on le voit agir pour renverser ce pays et pourtant, à la fin, il trahira pour sauver Elantris, son pays et le pays de Sarene. Son évolution sera subtile, mais progressera tout au long du récit.

Brandy est un très bon auteur, et ce premier roman, bien que souffrant de certaines erreurs, restent un bon roman selon moi. Certes, il y a des stéréotypes, l'avalanche de nouveaux termes peut perdre son lecteur mais Sanderson fais partie de ces auteurs qui créent tout un univers autour de son histoire ; les termes sont nombreux mais finissent par être expliqués et rendent bien plus cohérent l'univers qui nous est décri que s'il avait utilisé des mots lambdas, pré-existants. De plus, à côté de cela son écriture est assez belle, l’évolution de certains personnages est vraiment bien traitée et l'histoire reste prenante même si en réfléchissant un minimum on voit transparaitre la réponse au mystère du Reod bien avant Raoden (je l'ai personnellement découvert à la moitié du livre environ). Le final de l'histoire est juste purement badass, avec feu d'artifice de magie très appréciable après en avoir entendu parler tout au long du récit sans la voir ou presque (le Reod ayant mis fin à la magie).

En bref, je vous le recommande ;  pas chaudement comme un livre d'Asimov, mais je le recommande tout de même. Après, gardez juste en tête que dans tout cela le plus important c'est bien entendu d'avoir un livre au coin de l'écran !

Rédigé par Mortak.

vendredi 11 décembre 2015

[Critique] Des Milliards De Tapis De Cheveux - Andreas Eschbach

Bien le bonjour, lecteur. Ça fait un petit moment que tu ne m'as pas lu, n'est-ce pas ? Je l'avoue, je n'ai rien écrit. Pendant plusieurs semaines. J'ai presque honte (à noter le "presque" dans la phrase). Pour me faire pardonner, voici un article sur Horrorstör, un livre d'aventure/horreur se déroulant dans un magasin, Orsk, parodie des magasins Ikea et cie... Hein ? Ce n'est pas le titre de l'article ? Ah. En fait, je dois t'avouer que je comptais faire un article sur ce livre, mais je n'arrive pas à remettre la main dessus. Évidemment, je suis fort triste, et je me rabats donc sur le livre que je viens de lire et finir cette semaine : Des Milliards De Tapis De Cheveux. Un livre de Science Fiction, une fois n'est pas coutume.

I know, you love this too.
Déjà, entamons par l'auteur, d'accord ? Andreas Eschbach est un auteur de science-fiction allemand, un des maîtres de la science fiction allemande pour être plus précis. Il fait partie des quelques-uns qui ont été traduit, notamment en français. Pour être franc, je ne crois pas avoir lu d'autres livres de cet auteur, ce qui est peut être faux, je ne saurais dire vu le très grand nombre de livre étant passé entre mes mains. Ainsi, même si il est possible qu'un autre livre de cet auteur soit passé devant mes yeux, je considère que celui-ci est le premier que j'ai lu. Cet article va donc uniquement critiquer ce livre particulier, en ne prenant pas en compte les autres œuvres d'Eschbach. Là lecteur, tu dois te dire "mais pourquoi il le répète autant qu'il s'occupe que d'un seul roman ?". C'est bien simple : je n'ai pas aimé le livre. Mais genre, absolument pas en fait. Je te confierais même que si j’étais constipé, ce qui n'est pas le cas, ce livre pourrait me soigner de manière plus efficace que n'importe quel laxatif. Ce livre est pour moi une bouse innommable. Pourquoi ? On est là pour le savoir.


On va commencer par l’écriture. Un point positif pour Andreas, il reste sympa à lire, du point de vue du style. Je n'ai pas d'envie particulière de m'arracher les yeux, mais ce n'est pas non plus la grande classe comme un bon vieux Asimov ou du Arthur C. Clarke. C'est potable, aucune révolution de style. Au niveau des idées contenues dans le récit, c'est assez sympathique au début, puisqu'on entrevoit une société archaïque mais disposant de quelques éléments de la technologie (une photographie, une radio, un appareil photo, etc.) et avec une religion relativement étrange : l'empereur devenu immortel, père des étoiles, etc. Très clairement l'empereur était, à la base, un homme comme un autre puis il semble être, depuis des millénaires, toujours en vie et régnant sur l'humanité. Est-ce le même empereur, où est-ce des clones, des membres d'une même famille se faisant passer pour le même personnage ? Aucun élément ne semble donné, si ce n'est la foi aveugle de la plupart des personnages envers l'empereur immortel.

C'est lui ton Dieu Immortel. Sache le.
Les premiers chapitres sont une succession de tranches de vie de plusieurs personnages, étalées sur plusieurs années. À chaque chapitre, un élément permet de passer au personnage suivant, nous décrivant peu à peu une société étrange, mais intéressante. Et là, on va arriver à ce qui coince... Bien que le mystère reste jusqu’à la quasi toute fin, la solution est livrée un peu rapidement à mon gout. C'est-à-dire que globalement, la solution vous est enfin donné, à la fin du livre, sur la dernière page. En une page (peut être deux, je n'ose même plus ouvrir à nouveau ce livre pour le confirmer) on torche la solution du livre. En entier. Niveau développement, on a vu mieux. Et je ne vous parle même pas de comment on en est arrivé là ! Les personnages présentés, au début, étaient suffisamment consistants pour le rôle du récit, mais plus on avance dans le récit, en s'attachant un peu à quelques personnages qui reviennent le long du roman, plus les personnages semblent souffrir d'une même tare : ils sont vides. Une fois la surface grattée, on ne rencontre... rien du tout en fait. À la limite, un peu plus de surface à gratter. Et encore.

Plus tu gratte, plus tu trouve de quoi gratter. Mais rien de concret.
Le nombre de personnage clichés est purement et simplement égal au nombre de personnage présenté dans le roman : le collecteur de taxe tatillon, méprisant, se croyant supérieur de par ses fonctions mais n'osant pas prendre la moindre initiative en dehors de ses prérogatives bien spécifiques, le rebelle à l'esprit libre, toujours en contradiction avec l'autorité, le professeur d’école, coupable d’hérésie car libre penseur et philosophe, le prêtre pourrit jusqu’à la moelle et pédophile, etc. Et j'en passe ! Vous n'imaginez pas la douleur que c'est de lire cette PURGE. Non seulement Eschbach ne nous livre rien de neuf, ce qui en soi n'est pas une tare, mais en plus il le fais mal ! Le seul passage qui m'a permis de souffler, c'est celui des Archives Impériales, car j'adore l'idée d'un immense bâtiment contenant toutes les connaissances relatives à l'humanité. C'est impossible, oui, mais j'aime ça quand même. Mais même ce passage est gâché par la Blonde-Aux-Yeux-Bleus-Trop-Bonne-Que-Tout-Le-Monde-Veut-Se-Faire-Mais-Qui-Décide-De-Coucher-Avec-Le-Bossu-Parce-Que-C'est-Un-Intellectuel.Sans revenir sur le fait que l'auteur est allemand et sur les attributs physiques de ce personnage féminin, même le cliché de la femme fatale qui en fait ne s’intéresse qu'à l'esprit des hommes et en ne prenant pas en compte le physique est présent. Et en plus, le livre se finit sur ça ! Sérieusement, Andreas !

Moi, durant ma lecture.
Bref, comme tu dois le comprendre, ce livre ne m'a pas plus. Et maintenant, je te livre le spoil ultime du livre, pour que même ta curiosité, mon cher lecteur, ne te pousse pas à le lire.  Oui, je suis trop gentil. Je sais. Allons, arrête de me complimenter, j'en rougis. Hein, je me fais des films ? Chut. Voici le fin mot de l'histoire : l'empereur numéro 9 (l'empereur immortel est le numéro 10 de la famille impériale et il est réellement immortel. Aucune précision sur pourquoi/comment. Ta gueule, c'est magique, comme dirait un Game Master.) a eu le temps de faire de grandes conquêtes, notamment de la galaxie où se déroule les faits. Il a purement et simplement balayé les forces ennemis, un autre empire humain, et a conquis la capitale. Arrivant devant l’empereur adverse, il reçoit de la part de celui-ci une vanne sur ... ses cheveux. En effet, malgré tous les efforts de son empire, ce pauvre empereur numéro 9 est chauve. Et il est complexé par ça. Mais genre salement.


Du coup, numéro 9 (tiens, ça me rappelle une bouse cinématographique. Comme quoi...) décide de rendre l'empereur adverse immortel et handicapé. Oui, tu lis bien. Son empire, ses scientifiques, sont capables de rendre quelqu'un immortel, mais ne savent pas faire pousser des cheveux. Et oui. Oui. OUI ! Tu le sens là, que rien que de l’écrire, j'en ai mal à mon âme ? Bref, en plus d’être immobile et immortel, l'empereur adverse voit toute sa galaxie produire des tapis constitués des cheveux de ses sujets, et les tapis envoyés sur la planète capitale où ils servent à recouvrir peu à peu toute la surface de la planète. Depuis des millénaires. Oui. Oh, bon dieu, Andreas... C'est presque une bonne idée ! Il y avait du potentiel, et tu t'es juste planté. Et salement.

Comme lui. Du potentiel, mais un fail.
Bon, nous voilà à la fin de cet article, ami lecteur, et je te demanderais, si tu as eu l'occasion de lire du Eschbach, de me donner ton avis sur œuvre. Si, par malheur pour toi, tu as aussi lu ce livre particulier, et bien dans un premier temps, désolé. Je comprends ta souffrance. Viens, pleure sur mon épaule, ça va aller. C'est fini maintenant. C'est du passé. Allons, mouche toi et reprend toi. Voilà... Ça va mieux ? C'est bien. Maintenant, dis-moi, toi qui a le malheur de l'avoir lu, qu'en as tu pensé ? Enfin, je finirais comme toujours sur le fait que l'important, dans le fond, c'est bien sûr d'avoir un livre au coin de l'écran !

Une dernière pensée pour toi, Eschbach.
Rédigé par Mortak

mercredi 18 novembre 2015

[Critique] La Trilogie Du Vide - Peter F. Hamilton

Bien le bonjour, cher lecteur. Oui, cela fait une bonne semaine que je n'ai pas publié d'article : honte à moi. Pour ma défense, j’étais en partie centré sur mon dossier de psychologie clinique, une activité hautement passionnante. Ou pas. Et non, je ne l'ai pas encore finis. Une bien piètre excuse donc, en somme. Mais sois heureux, voilà un nouvel article ! Et nous parlons aujourd'hui de science fiction. Comme tu le sais si bien maintenant, j'ai un amour particulier envers cette littérature et nous pouvons le dire, j'ai également des auteurs fétiches. 


Lors d'un précédant article, je vous avais prévenu qu'il y avait une suite à la saga critiquée ; nous y voilà : "La Trilogie Du Vide" de Peter F. Hamilton, faisant suite à son cycle de "L’Étoile De Pandore" (je sais bien, lecteur, qu'avec l'arrivée de Décembre et de Star Wars tu as pensé à l’étoile noire/de la mort, mais non.) mais ne traitant absolument plus de la même chose. Attention à toi, mon cher ami lecteur, tu pénètres ici dans les territoires maudits, le Pays du Spoil. En effet, je suis obligé, pour traiter de ce cycle, de spoiler comme un porc le premier cycle. Et tu connais mon penchant naturel au spoil, hein ? 

Donc les événements de cette nouvelle saga se déroulent bien 1.200 ans après les derniers évoqués dans "L’Étoile De Pandore" ; les Primiens, extraterrestres se comportant comme des machines sans cœur ayant été purement et simplement traqués et annihilés suite à la nouvelle fermeture de la sphère de Dyson Alpha. Quoi ? Je n'avais pas trop parlé de ça dans l'autre article ? Bon, un court résumé (si, je vous assure, un court résumé.) : les Humains découvrent les trous de ver pour voyager et coloniser l'espace. Ils se rendent compte que deux lointaines étoiles disparaissent en l'espace d'une seconde (dans le passé, puisque les étoiles sont vraiment lointaines), ce qui est impossible. Ils vont donc enquêter et se rendre compte, une fois sur place, qu'il y a deux immenses sphères entourant les deux étoiles ; comme ils sont cons et qu'ils découvrent un endroit sur la sphère de Dyson Alpha (une des deux étoiles) une sorte de trappe de maintenance, ils vont voir dedans pour bidouiller et pan, dans tes dents la boite de Pandore. La sphère disparait révélant un système stellaire ravagé. Par quoi ? Par la pollution et l’épuisement extrême de ses ressources naturelles dus à ses occupants. En gros, tu couples le pire scénario des écologistes avec une race extraterrestre se comportant comme une machine sans cœur et tu obtiens les Primiens. Une race qui n'est qu'une seule entité (dans de multiple corps). S'ensuit une guerre entre humains et primiens, l'humanité voulant survivre et l'entité extraterrestre consommer l'univers dans son extension infinie. Au cours du récit on apprend que c’était une autre espèce qui a confiné les primiens, par mesure de sécurité. Dyson Alpha est la planète mère, mais Dyson Beta (la seconde étoile) est colonisée elle aussi par des primiens, mais qui évoluent bien différemment (et de manière plus violente aussi) ; hors les deux étoiles sont en guerre et il se trouve qu'un clampin de Dyson Beta s'est frayé un chemin jusqu’à l'humanité depuis un long moment en fait ; on l'appelle l'Arpenteur des Étoiles.


Bref, la première saga finie avec Dyson Alpha à nouveau confiné dans sa sphère et l'Arpenteur se met à un régime à base de plomb grâce à différents protagonistes, ce qui met en danger sa survie à long terme. D'ailleurs, il en meurt. L'humanité à donc de nouveau champ libre pour évoluer à son rythme, ce qu'elle fait dans les 1.200 ans qui séparent les deux sagas : on retrouve une humanité bien différente, en partie virtuelle (les individus des mondes les plus avancés ayant découvert la nanotechnologie, puis finalement ayant sauté le pas jusqu'à abandonner leurs corps naturels quand ils se font trop vieux) et la seconde... c'est plus compliqué. On a les mecs avec des nanites, les mecs sans nanites, les mecs refusant les nanites et faisant la guerre aux premiers sans oublier les mecs sans nanites et ultra-religieux. Mais le sujet de la saga n'est pas vraiment la guerre, bien qu'il va y avoir des conflits. Après tout, c'est un space opéra, non ? L'important de cette saga va se centrer sur les Rêveurs, un certain nombre d'individus humains ayant accès dans leur sommeil à une autre dimension. S'entend, ils n'y vont pas : ils voient ce qui s'y passe. Grâce aux avancés technologiques, les rêves sont enregistrés et ceux-ci sont diffusés. Ceux donnant sur une autre dimension (il y en a peu, un seul homme en faisait au début du récit) ont pris une certaine importance et on  servis à développer une religion. La faction dont je parlais quelques lignes au-dessus quoi. Mais bien sûr, il y a une anguille sous roche. En effet la dimension en question se trouve dans un lieu appelé le Vide, se trouvant au centre de notre galaxie et avalant peu à peu notre univers. J'en profite pour vous poster une image pour le cas où un jour on en fait un film ou une série, au vu du nombre impressionnant de décès des personnages :


Les problèmes vont survenir avec la disparition du Premier Rêveur, qui aura un dernier rêve (qu'il ne va pas partager) et va se casser au fin fond de l'univers. Des ecclésiastiques prennent les commandes, mettent en place un début d'empire religieux tout en tentant de trouver le Second Rêveur qui a commencé à émettre les siens ; évidemment ça fait monter les tensions. Puis, histoire de bien finir le truc, ils commencent à préparer le Pèlerinage, qui va emmener une quantité énorme de personnes dans le Vide. La moitié de l'univers les trouvent très cons de courir au suicide (le Vide étant quand même un trou noir géant... Il y a plus intelligent que de foncer droit dedans.) et l'autre moitié flippe et veux les exterminer car ils soupçonnent le Vide d’être une machine géante se nourrissant de l'univers pour fonctionner. L'ajout de nouveaux organismes dans la machine faisant augmenter les besoins en masse et énergie de celle-ci, elle devrait entrer dans une phase d’expansion faisant bien mal notre petite voie lactée. Et sur fond de tout ça, on a une course à la prochaine phase d’évolution de l'humanité menée par les mecs virtuels (qui sont constitués de plein de faction, donc c'est la merde). Tu comprendras, lecteur, qu'on peut juste conclure ainsi:


Bon, je te fais confiance, mon cher lecteur, pour te dire que quand même, ils sont cons pour fonder une religion sur des rêves. En effet, je ne t'ai pas encore dit ce que montrait exactement ceux-ci : la dimension dans le Vide a quelques menues différences avec notre réalité. Déjà, pas de technologie avancées. Tout fonctionne à l'huile de coude et à la puissance mentale. Oui, c'est un peu comme un trip amish. A noter tout de même qu'ici, quand je dis puissance mentale, c'est réellement ça. En effet les Rêves vont suivre la vie d'un homme particulier dans cet univers, qui va découvrir comment modeler à sa convenance sa dimension : il va ainsi modifier son environnement et même, au bout d'un moment, remonter le temps. De quoi faire rêver, non ? Oui, lecteur, je sais, cette blague devrait être interdite. Mais c'est moi qui écris, donc je me permets de la faire ! 


Bref, on va peut être finir par en conclure par mon avis sur l'histoire, non ? Et bien, niveau écriture, c'est du Hamilton, donc il n'y a strictement rien à y redire. Le maître est au rendez vous, comme toujours. Au niveau de l'histoire en elle-même, il n'y a pas de problème à la lire sans avoir lu la seconde, mais la lecture de la première saga permet de comprendre beaucoup de clins d’œil disséminés dans le récit, ce que je trouve très appréciable. L'univers est comme toujours très bien présenté, de manière très intelligente et progressive, ne vous donnant pas l'impression de lire une encyclopédie. Il y a quelques paradoxes, notamment du à l’écoulement différent du temps dans le Vide, mais si on y réfléchit un tantinet ils trouvent toujours une explication. C'est là la force et la faiblesse de Hamilton : vous n'avez pas de passage qui vous pointent une information directement, de manière bien visible, mais elles sont disséminées au cours du récit vous permettant une bonne immersion dans le récit mais laissant parfois des fois des incohérences en surface ; c'est alors à vous de faire un travail de réflexion pour recouper les données fournies par l'auteur. Comme toujours Hamilton nous fournit un avenir possible vraiment des plus intéressant et je ne peux que vous conseiller de le lire. L'important, après tout, c'est d'avoir un livre au coin de l’écran ! 

Rédigé par Mortak.

PS: Coucou, lecteur. J’espère que tu l'as remarqué, j'ai mis des images. N’hésite pas à me dire si tu préfères mes articles avec ou sans !

jeudi 5 novembre 2015

[Critique] Les Monades Urbaines - Robert Silverberg

Bonjour à toi, lecteur. Cet article fait suite à Halloween, le jour des morts, tout ça, même si, en effet, il sort quelques temps après le-dit jour. Mais globalement, osef hein ? Je vais donc vous parler d'un livre qui traite de quelque chose de terrifiant. Oui, les monades urbaines, ça fait peur. Quoi, comment ça, toi tu n'as pas peur ? Oui bon écoute, hein, moi ça me fait peur. Tu vois, lecteur, je souffrais par le passé d'agoraphobie, au point de n'avoir plus eu la possibilité durant un temps de sortir de chez moi. Alors bon, une tour immense de laquelle tu ne sors jamais, vivant collé à 800.000 humains... Ça le fait moyen moyen. 

Alors avant d'entamer le vif du sujet, je dois te parler de l'auteur, ce bon vieux Silverberg. Robert a le même trait de personnalité q'Asimov, tu sais bien, celui qui fait, qu'avec juste SES œuvres, tu as de quoi remplir une pièce entièrement. Et il fait pas mal de Science Fiction aussi. Donc, bien sûr, un auteur que j'aime. Il excelle, dans les livres que j'ai pu lire de lui, dans la torture de ses personnages et ce afin de dénoncer certaines problématiques de notre société. Du moins, c'est ainsi que moi je perçois son travail. Et fatalement, il produit des livres comme les Monades Urbaines qui, juste, ne peuvent pas te laisser indifférent. Ici, Silverberg nous présente une société très particulière, car post-apocalyptique. En effet, notre siècle a débouché sur une destruction pure et simple de l'humanité telle qu'on la connait. Pourquoi, me direz-vous ? Simplement la sur-population de la Terre qui conduit l'humanité à, plus ou moins, s'auto-detruire... Sauf qu'ils ont évolué. Au début du récit, coupé en différentes histoires de vie afin d’appréhender la monade dans son ensemble, on rencontre un habitant d'une des cités de Venus, colonisée par les hommes. La cité en question s'appelle Enfer au passage, ça s'annonce bien, hein ? Bref, on comprend que les habitants de Venus vivent plus ou moins comme nous ; j’entends par là dans de villes, avec des vêtements cachant bien tout, avec des maisons individuelles, et ainsi de suite. Et on comprend, dès la première page, que sur Terre, c'est plus vraiment comme ça. 

Déjà, moi qui suis athée, mais d'origine chrétienne (bien que ma famille ne soit pas pratiquante et pas vraiment poussé sur la religion), il y a un truc qui m'a trifouillé le ventre direct : l’infidélité. Mais pas genre un personnage qui couche avec une autre personne que son/sa compagne. Non, ça c'est rien. Ici, c'est simple, les femmes doivent accepter les avances de n'importe quel homme. Il y a d'ailleurs les "Promenades Nocturnes", tous les soirs, où les hommes baladent dans les étages de la tour, rentre dans un appartement, réveillent la femme et tirent un coup.Voila voila. C'est cool. Tu dors, tranquille, puis tu te réveilles avec un inconnu qui tire ta femme, ou si tu es une femme par ce même inconnu qui te prends comme ça, tranquillement. Bien entendu, d'ailleurs, les hommes travaillent et une bonne partie des femmes s'occupent des enfants, prennent soin d'elles, font a manger, et cetera. Et oui, en 2381, nous serons toujours une société patriarcale, où la femme est une esclave, doublée d'un jouet sexuel. Le personnage venant de Venus qui le vit d'ailleurs plutôt mal. Vous vous souvenez, le coup des vêtements qui couvrent un peu tout, comme à notre époque ? Et bien dans une Monade, non, les habits sont des plus légers, car ils sont fait pour montrer le corps (généralement féminin). 

Au fait, tu dois te demander pourquoi des tours et cie, non ? Et bien c'est simple, la Terre des années 2300 compte 75 milliards d’êtres humains. Je te fais confiance, lecteur, pour réfléchir un petit peu et pointer du doigt que, si ils sont autant, et que le monde s'est détruit juste après notre époque (donc dans les 7 milliards d’êtres humains), il y a un truc qui coince. Pour régler le truc qui coince justement, l'humanité vivant sur Terre a mis au point les Monades: des tours (et il y en a pas mal) qui contiennent dans les 800.000 humains. Comme ce sont des tours, le gain de place est énorme et il se trouve que la Terre est principalement occupée par... des champs. Du coup, niveau nourriture, c'est pas trop un problème, et comme niveau place ils s’élèvent plutôt que s’étaler, et bien ça passe. Mais évidemment, vivre dans un espace aussi reclus entraine des tensions. D’où le paragraphe précédant, qui est sensé supprimer les pulsions justement. Et bien, oui, femmes, vous n’êtes bonnes qu'à ça. Hein ? Une vision d’arriéré ? Chut. J'ai même pas entamé le meilleur : ils sont tous religieux. En soi, c'est pas un défaut bien que, personnellement, je trouve particulièrement con de croire en une divinité, mais on est pas là pour parler religion. Enfin pas en dehors du livre. 

Donc les terriens sont religieux. Oui, mais fanatiques ! Et si tu ne crois pas/applique pas les préceptes de la religion (qui consiste à dire que tu aimes Dieu, que tu dois faire un maximum d'enfant, que tu dois coucher avec tous le monde, que tu dois lécher le cul de chaque autres être humain et ... c'est à peu près tout) cela entraîne ta chute, au sens propre. Pour faire simple, la police arrête la personne (qui est appelé Anomo) et le jette depuis le haut de la tour. Simple. Rapide. Efficace. Par contre, il n'y a pas de racisme fixé sur la couleur de peau : au rythme auquel ils se reproduisent, et vu qu'ils baisent plus ou moins n'importe qui, on obtient un mélange de tout. Donc niveau couleur de peau, ça va, il n'y a pas trop de différence. 

Bien entendu, je te fais confiance pour avoir noté que je parlais de racisme sur la couleur de peau. Et bien oui, Silverberg dénonce, donc pas mal de trucs passent sous sa plume. Et le racisme a une place d'honneur ! Les Monades sont divisées en cité (regroupant un certains nombre d’étages) qui sont chacune spécialisée : exemple Louisville est la cité de ceux qui dirige. Rome, celle de l'administration, etc ... Et bien sur, il ne faut PAS coucher entre personnes de différentes cités. Hein ? Quoi, qu'est-ce qui va pas ? Ça peut faire des conflits ? Mais non, les dirigeants ont prévu le coup, et font passer un minimum de personne vers les cités supérieurs de temps en temps, histoire de mettre en place une carotte, puis ils laissent des travaux inutiles exister juste pour contrôler les masses (alors qu'ils ont les moyens techniques de faire disparaitre le travail dans la tour avec des robots). La base quoi. 

Bref, l'idée c'est qu'en apparence c'est une belle société, avec l'aide de la technologie, constitué de belles personnes, heureuses. Ça, ils vont te le sortir toutes les deux pages ! "Nous sommes heureux, nous sommes heureux, nous sommes heureux". Et putain de merde, non ils sont pas heureux, ils refoulent comme des porcs, et sont tous plus ou moins légumisés. Ah, je vous ai pas parlé de ça encore ? Quand quelqu'un commence à ne plus pouvoir rentrer dans le moule de la société, mais que c'est pas encore trop violent, c'est direct la balade vers les Ingénieurs Moraux. Des laveurs de cerveaux quoi. Tu la vois la belle société utopique ? 

Ce livre, comme pas mal de ceux de Silverberg, ne peuvent pas te laisser indifférent. Ou alors, tu as un problème. Enfin, s'entend par là que tu es trop détaché de ce que tu lis, ce qui est fort dommage, ou alors que tu es un religieux fanatique, extrémiste et nymphomane. Et non, ce n'est pas un bon combo.  Toujours est-il que je te conseilles de lire ce livre, et les livres de cet auteur en général. Son style d’écriture est un peu spécial, mais c'est un partie pris et, une fois plongé dans le récit, ça passe. Les univers qu'il décrit sont toujours complets, même si parfois un peu simpliste à mon gout (à noter que c'est encore un parti pris de l'auteur). Si ce que je t'en ai dit t'as fais un minimum réagir, le livre est bien plus puissant et intéressant à lire ! Si cela ne t'as pas fais réagir, va lire le livre pour qu'il te fasse réagir. Au passage, sache que je n'ai pas parlé des fermiers (les terriens ne vivant pas dans les tours) qui vivent et se comporte comme des barbares arriérés ; ni de ce que vont te montrer chaque personnage qu'on suivra dans le livre (on suit des habitants des différents niveaux de la tour) nous montrant que dans le fond l'utopie ne fonctionne pas, et pour personne. Joyeux Halloween à vous et n'oubliez pas, l'important c'est bien d'avoir un livre au coin de l’écran !

Rédigé par Mortak.

dimanche 1 novembre 2015

[Du Livre à l'Ecran] Le Chateau de Hurle - Diana Wynne Jones / Le Chateau Ambulant - Hayao Miyazaki

Aujourd'hui on va parler un peu d'une autre de mes passions (parce que oui, je n'aime pas que les livres. J'aime aussi Asimov bien sur, mais j'aime plus de deux choses, pour de vrai ! ), j'ai nommé : les films d'animations.

J'ai toujours énormément adoré les films d'animations; pas tous bien entendu, il faut savoir faire le tri, c'est comme avec les livres. Mais par exemple (et ça tombe bien vu qu'on va parler de lui après) Hayao Miyazaki a fait des œuvres purement et simplement sublimes. Pour ceux qui ne le connaissent pas (oui, lecteur, il y en a encore) c'est le co-fondateur du studio Ghibli, le plus grand studio d'animation japonaise ; notre équivalent le plus proche serait probablement un Walt Disney. Et si tu ne connais pas non plus cet homme, et bien tu n'es pas dans la capacité de lire ce blog en fait; tu ne peux que vivre au fin fond d'une grotte. Je vois pas d'autres explications. 

Bref, le studio Ghibli a produit certain de mes personnages préférés, comme Totoro. Parce que oui, j'adore cette grosse boule de poil. Ma compagne, la plus belle femme sur terre et la plus intelligente, m'a d'ailleurs offert une statuette de Totoro, qui trône fièrement en dessous d'un de mes écrans d'ordinateurs, contre une dague provenant de Tolède et généralement une tasse de café en forme de casque de Stormtrooper (qui, selon certain, à la taille d'un pot à cookie). 

Toujours est-il que le studio Ghibli et plus spécialement Hayao Miyazaki n'a pas toujours créé des films d'animation à partir de rien ; tout comme un certain nombre d'autres auteurs/artistes. Certains le reconnaissent, comme Miyazaki, et d'autres non... (et là je pense particulièrement à Luc Besson par exemple, qui vient de se faire taper sur les doigts par les juges français pour une affaire de plagiat). En l'occurrence, aujourd'hui nous allons parler du Château Ambulant, inspiré par l’œuvre littéraire de Diana Wynne Jones : Le Château de Hurle. 

Alors oui, je te vois qui me dit "mais qu'est-ce qui fait la différence entre inspiration et plagiat ?". Et bien déjà, l'inspiration tu la caches pas ; comme Miyazaki tu dis clairement que tu t'es servie de tel ou tel matériel de base. Et si tu ne le fais pas, et que tu te fais prendre, et bien c'est du plagiat. Bref. On est pas là pour ça, bien j'aime bien taper sur Luc Besson, qui est injustement aimé à mon sens ; non, nous sommes là pour parler de Miyazaki et Diana Wynne Jones.

Il faut savoir que le Château Ambulant est une adaptation libre du Château de Hurle ; ainsi, un certain nombre de différences plus que notables apparaissent entre les deux récits. Une des premières : il y a une suite au livre (deux pour être précis) et ce n'est clairement pas le cas pour le film d'animation. En soi, ce n'est absolument pas un problème puisque le film (comme le livre d'ailleurs) ne finit pas avec une question (non l'histoire est, dans les deux, assez clairement finie). Par contre l'auteur Diana Wynne Jones a continué à faire vivre son univers, l'a développé un peu plus, nous faisant voir d'autres pays, etc... Ensuite, dans le contenu même... il y a une guerre entre pays dans le film d'animation (la guerre et l’aviation sont des thèmes récurrents chez Miyazaki), donnant un contexte bien particulier à l'histoire (la disparition d'un prince ayant joué dans la guerre, la participation au magicien du château dans les batailles, etc...) et une atmosphère de danger se met en place avec les scènes de bombardements de la ville natale de Sophie, l’héroïne, ou encore la scène du retour en piteux état de la flotte de guerre juste avant l'arrivée des ennemis. Et dans le livre : il n'y a juste pas de guerre, en fait. Le prince disparut ? Non plus. Globalement, les autres pays, on s'en tape un peu. L'auteur trouve un tout autre moyen pour nous accrocher aux personnages, et réveiller des sentiments en nous.

Ensuite, si Sophie reçoit bien un sort par la Sorcière du Désert aka la Sorcière des Landes (qui est une grosse pute, soyons d'accord), lorsque la jeune fille fuit et arrive au château, et bien... Calcifer fait directement un marché avec Sophie, genre au bout de trois échanges de paroles. En résumé ça donne : "Tu veux pas qu'on mange ton cœur ? Tu es victime de sortilège. C'est puissant, mais je pourrais le défaire avec de temps et des efforts. Il faut pour ça qu'en échange tu me rends un grand service, non ? Un service pour un service. On conclu un pacte ? " Les mots ne sont pas les mêmes que dans le texte, mais c'est globalement ça. D'ailleurs pendant que j'y pense : le château ambulant, ses fortes murailles, et tout le bataclan, c'est juste pour tenter de repousser la Sorcière du Désert. Et bien oui, dans le livre Hurle (le magicien Hauru dans l'animé) est une grosse flipette qui trouve l'idée du siècle : gros château = grosse paire de c... Oui, Hauru a juste quelque chose à compenser dans le livre. Voila voila. Tout le long du livre vous allez le voir chanter, tomber amoureux d'une femmes, déprimer parce qu'il s'en ait lassé et rien branler. A noter que, contrairement à la version de Miyazaki, le personnage aura tout de même plus de profondeur et on le verra ainsi voyager dans un pays très lointain (qui me fait penser instinctivement à l'Angleterre, je sais pas trop pourquoi) où il rendra visite à sa famille. Et oui, Hurle a une famille, il a même une sœur qui a plusieurs enfants et qu'il adore particulièrement (les enfants, pas la sœur qui a tendance à geindre et du coup à le saouler un peu). D'ailleurs en parlant de Hurle, la porte qui donne sur un champs de fleur et qui est plus ou moins présenté au spectateur comme le passé de Hauru, qu'il recréé quand le château est déplacé... et bien en fait dans le livre c'est une création récente de Suliman pour contrer l'avancée du désert et donc de la sorcière qui y réside. Et en parlant de Suliman, on va y revenir dans le prochain paragraphe.

Au niveau de la famille de Sophie, il faut souligner qu'une des deux sœurs va partir pour devenir... sorcière. Parce que voila. D'ailleurs la sœur que vous voyez dans l'animé, travaillant chez un pâtissier, est en fait celle envoyée apprendre la magie. Mais les deux sœurs n’appréciant aucunement leurs positions respectives échangent de place grâce à un sort découvert par la première sœur. Oui, dit comme ça c'est un peu le bordel. Mais bon d'un coté, c'est l'avantage du livre : tu peux tout y dire, prendre ton temps ; un film, lui, est toujours limité en temps. Tiens, au passage, Madame Suliman dans l'animé est dans le livre l’enchanteur Suliman. Un homme. Qui d'ailleurs, attention voici l'instant spoil, finit avec Lettie à la fin du livre (la sœur de Sophie). Le Prince Justin existe bien, il est juste le frère du Roi et c'est tout. Il n'y a pas vraiment de guerre, donc bon... Il est juste un posé là. Et la Sorcière du Désert ? Vous croyez qu'elle finit juste comme une vieille ? C'est évident que NON ! La Sorcière est complétement bouffé par son Démon, qui lui accorde, certes, de grands pouvoirs mais qui , également, lui bouffe son âme. C'est compliqué après de rester intègre sans son âme. Et d'ailleurs elle cherche Hurle juste pour lui piquer son cœur, littéralement. Et à la fin du livre, le magicien va juste écraser le cœur de la sorcière, enfin ce qui en reste, l’effaçant littéralement de la réalité. Voila voila. Autant pour le coté mignon de l'animé hein ?

Bon du coup je te vois plein de question, cher ami lecteur. Que faire ? Que voir ? Dois-tu manger cette part de gâteau ? Ou retourner regarder la télé (qui a le mérite de mettre en pause toute forme sophon évolué) ? Qu'est-ce qu'un sophon ? Qui se cache derrière les lunettes du Blond ? Je me contenterais de te répondre que l'animé est excellent, qu'il te montre un univers steampunk tout à fait sympathique, en y mêlant un peu de magie sans oublier la tension dûe à la guerre. Si tu ne l'as pas vu, n’hésite pas à aller le voir ! Pour le livre, l'univers présenté est bien plus varié et profond, tout comme les personnages. L'auteur a pu se permettre de prendre plus de temps pour tout mettre en place, et on y voit quand même un aspect moins "mignon", notamment avec la mort de la Sorcière. Bien sûr il reste un aspect conte, un peu niais (notamment avec Sophie qui finit, bien entendu, dans les bras de Hurle) avec un Happy End digne d'un film américain. En bref, procure toi les deux ; pour moi les deux furent une expérience appréciable. Et bien sur, il faut toujours garder en tête que l'important, c'est d'avoir un livre au coin de l’écran !

Rédigé par Mortak.