dimanche 17 janvier 2016

[Critique] Elantris - Brandon Sanderson

Lecteur, mon cher camarade, toujours là (enfin, je l’espère) pour lire mes avis divers et variés sur les livres qui me passent sous les doigts, aujourd'hui je pense à toi. Pas de science-fiction. Si si, tu lis bien. Je vais traiter d'un autre type de livre ; de vrai de vrai. Un livre de quoi ? Un roman fantastique, bien sûr. Qui est aussi très bien, selon mon avis de référence, à savoir moi-même. Comme quoi certains genres portent bien leurs noms.

Bref, je te fais confiance, lecteur, pour reconnaitre le nom de l'auteur dans le titre de l'article. Hein ? Cela ne te dis rien ? Bon, on va dire que je ne te l'ai jamais dit, mais jette un œil à mon article sur "La Roue Du Temps". Ah, tu vois bien que tu connais déjà Brandon Sanderson ! Je suis fier de toi, lecteur, sache-le. Alors, qu'est-ce qu'Elantris pour l'auteur ? Rien de moins que son premier roman publié. C'est le roman qui lui a fait mettre les pieds sur le devant de la scène, c'est son premier contact avec le public ; c'est son premier contact avec moi. Et je dois bien avouer qu'il ne m'a pas déplu. 

Pourtant, cela ne commence pas vraiment bien : Brandy (oui, nous l'appellerons Brandy. Je fais ce que je veux d'abord.) a la tendance, que je trouve peu appréciable, de nous matraquer de termes inconnus. Quand c'est bien fait (et là, hum, ce n'est pas vraiment le cas.) on se sent intégré à l'histoire, on a l'impression de voir un monde étranger et de suivre la vie des personnages. Ici, non, je me sens juste paumé. Surtout que j'ai relu, une fois de plus, ce roman afin de faire la lecture a votre Sainte Déesse, ma compagne bien entendue. Et oui lecteur, je vais essayer de te convertir à mes dieux : Asimov et Jean-Jesus (oui, c'est vraiment le pseudonyme de ma compagne sur le net. Désolé.). Toujours est-il que ma relecture a mis au jour que mes goûts littéraires ont en partie changés. Je suis plus tatillon, pour tout dire. Et j'ai beau, moi, connaitre les termes inventés se trouvant dans le livre (les titres, les nations, etc...) je ne peux m’empêcher de penser à quelqu'un ne les connaissant pas. Et j'en ai un parfait exemple : ma compagne, à qui j'en fais la lecture. Les premiers chapitres ont été très confus, elle ne cessait de me redemander ce que signifie tel ou tel terme, qui est ce personnage, etc... Pour la défense de l'auteur, je note tout de même qu'il ne se contente pas de poser un pavé pour donner les définitions des différents mots. Vous savez, cette manie détestable utilisée dans des animés par exemple, où un personnage rencontre son meilleur ami et nous donne son CV complet.

Bon, là-dessus il faut tout de même avouer qu'il finit par nous donner gentiment ce qui nous manque afin de comprendre la signification de ces termes quelques pages après l'introduction de ceux-ci. C'est gentil. Nécessaire aussi il parait. Bref. Mais ce n'est pas le seul défaut de ce premier roman : les stéréotypes. Et oui, toute la narration se fait autour de trois personnages, mais j'y reviendrais plus tard, et ces trois personnages sont ... des stéréotypes. Et c'est un défaut immense. Heureusement, Brandy est un bon auteur, et son livre à de nombreux avantages pour contrer tous ces éléments négatifs. Certes, ces personnages sont clairs comme de l'eau de roche; mais ils évoluent. Faut pas croire, mais c'est mine de rien assez rare que des personnages évoluent, et en bien. Je veux dire, à part dans des livres où il y a un chemin initiatique (et ils ne sont pas si nombreux que ça, en dehors de l'heroic-fantasy), le personnage de fin est assez semblable au personnage du début. Et là, clairement avec le personnage du prêtre, ce n'est pas du tout le cas. D'ailleurs je noterais au passage que c'est le personnage que je préfère.

Un autre des points forts d'Elantris, c'est la structure de la narration : trois chapitres qui s'alternent, chacun montrant l'histoire selon le point de vue d'un des trois personnages principales. Cette forme cyclique permet de donner un certain rythme d'une part, mais également de donner à une même situation différents points de vue, totalement différents voir en opposition. Car, en effet, les trois personnages sont un prince, Raoden, une princesse, Sarene, et un haut prêtre, Hrathen; ces trois personnages passent la majeure partie du récit à s'opposer entre eux. En effet, à la base Raoden et Sarene sont fiancés sauf que le jour de l'arrivé de Sarene dans le pays du prince, celui-ci est annoncé mort ; son contrat de mariage, servant d'alliance entre les deux royaumes, stipule qu'en cas de mort du fiancé la princesse doit rester dans le royaume afin de garantir l'alliance. Elle décide d'en profiter pour remettre un peu d'ordre dans le royaume car c'est le bordel suite au nouveau gouvernement mis en place il y a dix ans. De son côté, Raoden n'est pas mort : surprise mother-fucker ! Enfin, il n'est pas mort ... complètement.

Le nom du livre, Elantris, provient d'une cité homonyme, dont les habitants sont considérés par les autres peuples comme des demi-dieux/dieux et qui gouvernaient le pays dans lequel la cité se trouve. Après tout, les elantriens possèdent une magie contrôlée par les Aons, une série de symbole servant également d'alphabet ; leur durée de vie est bien plus longue, ils ont une peau argentée/blanche, tout comme leurs cheveux. Or les elantriens sont d'anciens hommes et femmes tout à fait normaux ayant subi le Shaod, une transformation prenant aux hasards les habitants du royaume où se trouve la cité. Dix ans avant le début du récit à eut lieu le Reod, un cataclysme ayant transformé ces demi-dieux en créatures noirâtres, maladives, maudites ; le Shaod continue à faire son œuvre mais ne transforme plus les habitants en elantriens mais en ces âmes damnées. Le royaume les boucles tous dans la cité d'Elantris ; je te le donne en mille, ami lecteur, qu'arrive-t-il au prince dont je te parlais tout à l'heure ? Bim, un petit Shaod des familles dans les dents ! Du coup, officiellement il est mort, mais en vrai vit exilé dans la cité ; nous l'y verrons tenter de redonner forme à une société, les elantriens devenant fous : ils n'ont en effet aucune nourriture si ce n'est un panier d'offrande à chaque nouvel arrivant (étant considéré comme mort, les nouveaux elantriens ont droit au même rituel que les personnes véritablement mortes) et ils subissent éternellement (puisqu'ils ne peuvent mourir que de très peu de choses, en prenant en compte qu'ils ne sont plus soumis au vieillissement depuis le Reod.) chaque douleur subie (aucunes de leurs blessures ne peut en effet guérir). Bref, ce n'est pas la joie.

La-dessus, Hrathen, un prêtre assez haut gradé dans sa religion, est chargé de convertir ce pays. Dans l'idée, il prépare le terrain à la conquête car sa religion a en effet pour centre un peuple spécifique et celui-ci se sert de cette religion pour étendre son emprise sur les autres royaumes et peuples. Il est bien sûr en opposition à Sarene, puisqu'il veut soumettre le pays à la domination de son empereur, mais également à Raoden puisqu'il veut se débarrasser des elantriens qui sont pour lui une hérésie, un blasphème. Sarene s'oppose donc bien sûr à Hrathen mais aussi à Raoden qu'elle prend, ne sachant pas qui il est, un tyran contrôlant tout Elantris ; seul Raoden ne s'oppose à personne si ce n'est à la bêtise et à la violence. Jusqu'à la fin son seul but sera de sauver les elantriens, de comprendre comment Elantris a chuté, de résoudre le mystère de Reod. Bien que son personnage soit un des plus sages, si ce n'est le plus sage, il ne connait pas d’évolution : du début à la fin il est l’archétype du prince qui règne par l'amour, soutenu par ses sujets car il donne tout ce qu'il a, en biens matériels comme immatériels, pour leur bien-être. Il est doué, intelligent, beau, courageux et j'en passe : bref, le prince parfait.

Sarene, elle, est la femme indépendante, qui n'est pas superficielle, mais qui a peur au fond d'elle de l'image qu'elle renvoie aux autres. Elle n'aura de cesse de se demander si les gens l'aiment, de se répondre que non, ils l'admirent mais ne l'aiment pas, qu'elle est trop intelligente, etc... Et bien sûr, elle est intelligente, forte, douée, c'est une diplomate hors pair et même quand elle fait une bourde cela se solde généralement à son avantage. Et elle sera toujours comme ça à la fin. Seul Hrathen évolue vraiment, et c'est à mon sens lui qui donne tout l’intérêt aux relations des personnages : dès le début, on apprend qu'il vient d'un pays voisin, où il a provoqué une guerre civile afin de donner le contrôle à sa religion et son peuple, il en éprouve des regrets à cause des morts, mais trouve tout de même justifiée son action ; il est tout à fait prêt à recommencer dans ce pays si c'est nécessaire à sa conversion. Il n'est pas, contrairement à d'autres membres de son clergé, un fanatique, bien au contraire il place son intelligence et une réflexion minutieuse avant tout. Au court du livre, il se rendra peu à peu compte qu'il a perdu sa foi, et que son œuvre est tout sauf bonne ; la moitié du récit, voir les trois quarts en vérité, on le voit agir pour renverser ce pays et pourtant, à la fin, il trahira pour sauver Elantris, son pays et le pays de Sarene. Son évolution sera subtile, mais progressera tout au long du récit.

Brandy est un très bon auteur, et ce premier roman, bien que souffrant de certaines erreurs, restent un bon roman selon moi. Certes, il y a des stéréotypes, l'avalanche de nouveaux termes peut perdre son lecteur mais Sanderson fais partie de ces auteurs qui créent tout un univers autour de son histoire ; les termes sont nombreux mais finissent par être expliqués et rendent bien plus cohérent l'univers qui nous est décri que s'il avait utilisé des mots lambdas, pré-existants. De plus, à côté de cela son écriture est assez belle, l’évolution de certains personnages est vraiment bien traitée et l'histoire reste prenante même si en réfléchissant un minimum on voit transparaitre la réponse au mystère du Reod bien avant Raoden (je l'ai personnellement découvert à la moitié du livre environ). Le final de l'histoire est juste purement badass, avec feu d'artifice de magie très appréciable après en avoir entendu parler tout au long du récit sans la voir ou presque (le Reod ayant mis fin à la magie).

En bref, je vous le recommande ;  pas chaudement comme un livre d'Asimov, mais je le recommande tout de même. Après, gardez juste en tête que dans tout cela le plus important c'est bien entendu d'avoir un livre au coin de l'écran !

Rédigé par Mortak.

vendredi 11 décembre 2015

[Critique] Des Milliards De Tapis De Cheveux - Andreas Eschbach

Bien le bonjour, lecteur. Ça fait un petit moment que tu ne m'as pas lu, n'est-ce pas ? Je l'avoue, je n'ai rien écrit. Pendant plusieurs semaines. J'ai presque honte (à noter le "presque" dans la phrase). Pour me faire pardonner, voici un article sur Horrorstör, un livre d'aventure/horreur se déroulant dans un magasin, Orsk, parodie des magasins Ikea et cie... Hein ? Ce n'est pas le titre de l'article ? Ah. En fait, je dois t'avouer que je comptais faire un article sur ce livre, mais je n'arrive pas à remettre la main dessus. Évidemment, je suis fort triste, et je me rabats donc sur le livre que je viens de lire et finir cette semaine : Des Milliards De Tapis De Cheveux. Un livre de Science Fiction, une fois n'est pas coutume.

I know, you love this too.
Déjà, entamons par l'auteur, d'accord ? Andreas Eschbach est un auteur de science-fiction allemand, un des maîtres de la science fiction allemande pour être plus précis. Il fait partie des quelques-uns qui ont été traduit, notamment en français. Pour être franc, je ne crois pas avoir lu d'autres livres de cet auteur, ce qui est peut être faux, je ne saurais dire vu le très grand nombre de livre étant passé entre mes mains. Ainsi, même si il est possible qu'un autre livre de cet auteur soit passé devant mes yeux, je considère que celui-ci est le premier que j'ai lu. Cet article va donc uniquement critiquer ce livre particulier, en ne prenant pas en compte les autres œuvres d'Eschbach. Là lecteur, tu dois te dire "mais pourquoi il le répète autant qu'il s'occupe que d'un seul roman ?". C'est bien simple : je n'ai pas aimé le livre. Mais genre, absolument pas en fait. Je te confierais même que si j’étais constipé, ce qui n'est pas le cas, ce livre pourrait me soigner de manière plus efficace que n'importe quel laxatif. Ce livre est pour moi une bouse innommable. Pourquoi ? On est là pour le savoir.


On va commencer par l’écriture. Un point positif pour Andreas, il reste sympa à lire, du point de vue du style. Je n'ai pas d'envie particulière de m'arracher les yeux, mais ce n'est pas non plus la grande classe comme un bon vieux Asimov ou du Arthur C. Clarke. C'est potable, aucune révolution de style. Au niveau des idées contenues dans le récit, c'est assez sympathique au début, puisqu'on entrevoit une société archaïque mais disposant de quelques éléments de la technologie (une photographie, une radio, un appareil photo, etc.) et avec une religion relativement étrange : l'empereur devenu immortel, père des étoiles, etc. Très clairement l'empereur était, à la base, un homme comme un autre puis il semble être, depuis des millénaires, toujours en vie et régnant sur l'humanité. Est-ce le même empereur, où est-ce des clones, des membres d'une même famille se faisant passer pour le même personnage ? Aucun élément ne semble donné, si ce n'est la foi aveugle de la plupart des personnages envers l'empereur immortel.

C'est lui ton Dieu Immortel. Sache le.
Les premiers chapitres sont une succession de tranches de vie de plusieurs personnages, étalées sur plusieurs années. À chaque chapitre, un élément permet de passer au personnage suivant, nous décrivant peu à peu une société étrange, mais intéressante. Et là, on va arriver à ce qui coince... Bien que le mystère reste jusqu’à la quasi toute fin, la solution est livrée un peu rapidement à mon gout. C'est-à-dire que globalement, la solution vous est enfin donné, à la fin du livre, sur la dernière page. En une page (peut être deux, je n'ose même plus ouvrir à nouveau ce livre pour le confirmer) on torche la solution du livre. En entier. Niveau développement, on a vu mieux. Et je ne vous parle même pas de comment on en est arrivé là ! Les personnages présentés, au début, étaient suffisamment consistants pour le rôle du récit, mais plus on avance dans le récit, en s'attachant un peu à quelques personnages qui reviennent le long du roman, plus les personnages semblent souffrir d'une même tare : ils sont vides. Une fois la surface grattée, on ne rencontre... rien du tout en fait. À la limite, un peu plus de surface à gratter. Et encore.

Plus tu gratte, plus tu trouve de quoi gratter. Mais rien de concret.
Le nombre de personnage clichés est purement et simplement égal au nombre de personnage présenté dans le roman : le collecteur de taxe tatillon, méprisant, se croyant supérieur de par ses fonctions mais n'osant pas prendre la moindre initiative en dehors de ses prérogatives bien spécifiques, le rebelle à l'esprit libre, toujours en contradiction avec l'autorité, le professeur d’école, coupable d’hérésie car libre penseur et philosophe, le prêtre pourrit jusqu’à la moelle et pédophile, etc. Et j'en passe ! Vous n'imaginez pas la douleur que c'est de lire cette PURGE. Non seulement Eschbach ne nous livre rien de neuf, ce qui en soi n'est pas une tare, mais en plus il le fais mal ! Le seul passage qui m'a permis de souffler, c'est celui des Archives Impériales, car j'adore l'idée d'un immense bâtiment contenant toutes les connaissances relatives à l'humanité. C'est impossible, oui, mais j'aime ça quand même. Mais même ce passage est gâché par la Blonde-Aux-Yeux-Bleus-Trop-Bonne-Que-Tout-Le-Monde-Veut-Se-Faire-Mais-Qui-Décide-De-Coucher-Avec-Le-Bossu-Parce-Que-C'est-Un-Intellectuel.Sans revenir sur le fait que l'auteur est allemand et sur les attributs physiques de ce personnage féminin, même le cliché de la femme fatale qui en fait ne s’intéresse qu'à l'esprit des hommes et en ne prenant pas en compte le physique est présent. Et en plus, le livre se finit sur ça ! Sérieusement, Andreas !

Moi, durant ma lecture.
Bref, comme tu dois le comprendre, ce livre ne m'a pas plus. Et maintenant, je te livre le spoil ultime du livre, pour que même ta curiosité, mon cher lecteur, ne te pousse pas à le lire.  Oui, je suis trop gentil. Je sais. Allons, arrête de me complimenter, j'en rougis. Hein, je me fais des films ? Chut. Voici le fin mot de l'histoire : l'empereur numéro 9 (l'empereur immortel est le numéro 10 de la famille impériale et il est réellement immortel. Aucune précision sur pourquoi/comment. Ta gueule, c'est magique, comme dirait un Game Master.) a eu le temps de faire de grandes conquêtes, notamment de la galaxie où se déroule les faits. Il a purement et simplement balayé les forces ennemis, un autre empire humain, et a conquis la capitale. Arrivant devant l’empereur adverse, il reçoit de la part de celui-ci une vanne sur ... ses cheveux. En effet, malgré tous les efforts de son empire, ce pauvre empereur numéro 9 est chauve. Et il est complexé par ça. Mais genre salement.


Du coup, numéro 9 (tiens, ça me rappelle une bouse cinématographique. Comme quoi...) décide de rendre l'empereur adverse immortel et handicapé. Oui, tu lis bien. Son empire, ses scientifiques, sont capables de rendre quelqu'un immortel, mais ne savent pas faire pousser des cheveux. Et oui. Oui. OUI ! Tu le sens là, que rien que de l’écrire, j'en ai mal à mon âme ? Bref, en plus d’être immobile et immortel, l'empereur adverse voit toute sa galaxie produire des tapis constitués des cheveux de ses sujets, et les tapis envoyés sur la planète capitale où ils servent à recouvrir peu à peu toute la surface de la planète. Depuis des millénaires. Oui. Oh, bon dieu, Andreas... C'est presque une bonne idée ! Il y avait du potentiel, et tu t'es juste planté. Et salement.

Comme lui. Du potentiel, mais un fail.
Bon, nous voilà à la fin de cet article, ami lecteur, et je te demanderais, si tu as eu l'occasion de lire du Eschbach, de me donner ton avis sur œuvre. Si, par malheur pour toi, tu as aussi lu ce livre particulier, et bien dans un premier temps, désolé. Je comprends ta souffrance. Viens, pleure sur mon épaule, ça va aller. C'est fini maintenant. C'est du passé. Allons, mouche toi et reprend toi. Voilà... Ça va mieux ? C'est bien. Maintenant, dis-moi, toi qui a le malheur de l'avoir lu, qu'en as tu pensé ? Enfin, je finirais comme toujours sur le fait que l'important, dans le fond, c'est bien sûr d'avoir un livre au coin de l'écran !

Une dernière pensée pour toi, Eschbach.
Rédigé par Mortak

mercredi 18 novembre 2015

[Critique] La Trilogie Du Vide - Peter F. Hamilton

Bien le bonjour, cher lecteur. Oui, cela fait une bonne semaine que je n'ai pas publié d'article : honte à moi. Pour ma défense, j’étais en partie centré sur mon dossier de psychologie clinique, une activité hautement passionnante. Ou pas. Et non, je ne l'ai pas encore finis. Une bien piètre excuse donc, en somme. Mais sois heureux, voilà un nouvel article ! Et nous parlons aujourd'hui de science fiction. Comme tu le sais si bien maintenant, j'ai un amour particulier envers cette littérature et nous pouvons le dire, j'ai également des auteurs fétiches. 


Lors d'un précédant article, je vous avais prévenu qu'il y avait une suite à la saga critiquée ; nous y voilà : "La Trilogie Du Vide" de Peter F. Hamilton, faisant suite à son cycle de "L’Étoile De Pandore" (je sais bien, lecteur, qu'avec l'arrivée de Décembre et de Star Wars tu as pensé à l’étoile noire/de la mort, mais non.) mais ne traitant absolument plus de la même chose. Attention à toi, mon cher ami lecteur, tu pénètres ici dans les territoires maudits, le Pays du Spoil. En effet, je suis obligé, pour traiter de ce cycle, de spoiler comme un porc le premier cycle. Et tu connais mon penchant naturel au spoil, hein ? 

Donc les événements de cette nouvelle saga se déroulent bien 1.200 ans après les derniers évoqués dans "L’Étoile De Pandore" ; les Primiens, extraterrestres se comportant comme des machines sans cœur ayant été purement et simplement traqués et annihilés suite à la nouvelle fermeture de la sphère de Dyson Alpha. Quoi ? Je n'avais pas trop parlé de ça dans l'autre article ? Bon, un court résumé (si, je vous assure, un court résumé.) : les Humains découvrent les trous de ver pour voyager et coloniser l'espace. Ils se rendent compte que deux lointaines étoiles disparaissent en l'espace d'une seconde (dans le passé, puisque les étoiles sont vraiment lointaines), ce qui est impossible. Ils vont donc enquêter et se rendre compte, une fois sur place, qu'il y a deux immenses sphères entourant les deux étoiles ; comme ils sont cons et qu'ils découvrent un endroit sur la sphère de Dyson Alpha (une des deux étoiles) une sorte de trappe de maintenance, ils vont voir dedans pour bidouiller et pan, dans tes dents la boite de Pandore. La sphère disparait révélant un système stellaire ravagé. Par quoi ? Par la pollution et l’épuisement extrême de ses ressources naturelles dus à ses occupants. En gros, tu couples le pire scénario des écologistes avec une race extraterrestre se comportant comme une machine sans cœur et tu obtiens les Primiens. Une race qui n'est qu'une seule entité (dans de multiple corps). S'ensuit une guerre entre humains et primiens, l'humanité voulant survivre et l'entité extraterrestre consommer l'univers dans son extension infinie. Au cours du récit on apprend que c’était une autre espèce qui a confiné les primiens, par mesure de sécurité. Dyson Alpha est la planète mère, mais Dyson Beta (la seconde étoile) est colonisée elle aussi par des primiens, mais qui évoluent bien différemment (et de manière plus violente aussi) ; hors les deux étoiles sont en guerre et il se trouve qu'un clampin de Dyson Beta s'est frayé un chemin jusqu’à l'humanité depuis un long moment en fait ; on l'appelle l'Arpenteur des Étoiles.


Bref, la première saga finie avec Dyson Alpha à nouveau confiné dans sa sphère et l'Arpenteur se met à un régime à base de plomb grâce à différents protagonistes, ce qui met en danger sa survie à long terme. D'ailleurs, il en meurt. L'humanité à donc de nouveau champ libre pour évoluer à son rythme, ce qu'elle fait dans les 1.200 ans qui séparent les deux sagas : on retrouve une humanité bien différente, en partie virtuelle (les individus des mondes les plus avancés ayant découvert la nanotechnologie, puis finalement ayant sauté le pas jusqu'à abandonner leurs corps naturels quand ils se font trop vieux) et la seconde... c'est plus compliqué. On a les mecs avec des nanites, les mecs sans nanites, les mecs refusant les nanites et faisant la guerre aux premiers sans oublier les mecs sans nanites et ultra-religieux. Mais le sujet de la saga n'est pas vraiment la guerre, bien qu'il va y avoir des conflits. Après tout, c'est un space opéra, non ? L'important de cette saga va se centrer sur les Rêveurs, un certain nombre d'individus humains ayant accès dans leur sommeil à une autre dimension. S'entend, ils n'y vont pas : ils voient ce qui s'y passe. Grâce aux avancés technologiques, les rêves sont enregistrés et ceux-ci sont diffusés. Ceux donnant sur une autre dimension (il y en a peu, un seul homme en faisait au début du récit) ont pris une certaine importance et on  servis à développer une religion. La faction dont je parlais quelques lignes au-dessus quoi. Mais bien sûr, il y a une anguille sous roche. En effet la dimension en question se trouve dans un lieu appelé le Vide, se trouvant au centre de notre galaxie et avalant peu à peu notre univers. J'en profite pour vous poster une image pour le cas où un jour on en fait un film ou une série, au vu du nombre impressionnant de décès des personnages :


Les problèmes vont survenir avec la disparition du Premier Rêveur, qui aura un dernier rêve (qu'il ne va pas partager) et va se casser au fin fond de l'univers. Des ecclésiastiques prennent les commandes, mettent en place un début d'empire religieux tout en tentant de trouver le Second Rêveur qui a commencé à émettre les siens ; évidemment ça fait monter les tensions. Puis, histoire de bien finir le truc, ils commencent à préparer le Pèlerinage, qui va emmener une quantité énorme de personnes dans le Vide. La moitié de l'univers les trouvent très cons de courir au suicide (le Vide étant quand même un trou noir géant... Il y a plus intelligent que de foncer droit dedans.) et l'autre moitié flippe et veux les exterminer car ils soupçonnent le Vide d’être une machine géante se nourrissant de l'univers pour fonctionner. L'ajout de nouveaux organismes dans la machine faisant augmenter les besoins en masse et énergie de celle-ci, elle devrait entrer dans une phase d’expansion faisant bien mal notre petite voie lactée. Et sur fond de tout ça, on a une course à la prochaine phase d’évolution de l'humanité menée par les mecs virtuels (qui sont constitués de plein de faction, donc c'est la merde). Tu comprendras, lecteur, qu'on peut juste conclure ainsi:


Bon, je te fais confiance, mon cher lecteur, pour te dire que quand même, ils sont cons pour fonder une religion sur des rêves. En effet, je ne t'ai pas encore dit ce que montrait exactement ceux-ci : la dimension dans le Vide a quelques menues différences avec notre réalité. Déjà, pas de technologie avancées. Tout fonctionne à l'huile de coude et à la puissance mentale. Oui, c'est un peu comme un trip amish. A noter tout de même qu'ici, quand je dis puissance mentale, c'est réellement ça. En effet les Rêves vont suivre la vie d'un homme particulier dans cet univers, qui va découvrir comment modeler à sa convenance sa dimension : il va ainsi modifier son environnement et même, au bout d'un moment, remonter le temps. De quoi faire rêver, non ? Oui, lecteur, je sais, cette blague devrait être interdite. Mais c'est moi qui écris, donc je me permets de la faire ! 


Bref, on va peut être finir par en conclure par mon avis sur l'histoire, non ? Et bien, niveau écriture, c'est du Hamilton, donc il n'y a strictement rien à y redire. Le maître est au rendez vous, comme toujours. Au niveau de l'histoire en elle-même, il n'y a pas de problème à la lire sans avoir lu la seconde, mais la lecture de la première saga permet de comprendre beaucoup de clins d’œil disséminés dans le récit, ce que je trouve très appréciable. L'univers est comme toujours très bien présenté, de manière très intelligente et progressive, ne vous donnant pas l'impression de lire une encyclopédie. Il y a quelques paradoxes, notamment du à l’écoulement différent du temps dans le Vide, mais si on y réfléchit un tantinet ils trouvent toujours une explication. C'est là la force et la faiblesse de Hamilton : vous n'avez pas de passage qui vous pointent une information directement, de manière bien visible, mais elles sont disséminées au cours du récit vous permettant une bonne immersion dans le récit mais laissant parfois des fois des incohérences en surface ; c'est alors à vous de faire un travail de réflexion pour recouper les données fournies par l'auteur. Comme toujours Hamilton nous fournit un avenir possible vraiment des plus intéressant et je ne peux que vous conseiller de le lire. L'important, après tout, c'est d'avoir un livre au coin de l’écran ! 

Rédigé par Mortak.

PS: Coucou, lecteur. J’espère que tu l'as remarqué, j'ai mis des images. N’hésite pas à me dire si tu préfères mes articles avec ou sans !

jeudi 5 novembre 2015

[Critique] Les Monades Urbaines - Robert Silverberg

Bonjour à toi, lecteur. Cet article fait suite à Halloween, le jour des morts, tout ça, même si, en effet, il sort quelques temps après le-dit jour. Mais globalement, osef hein ? Je vais donc vous parler d'un livre qui traite de quelque chose de terrifiant. Oui, les monades urbaines, ça fait peur. Quoi, comment ça, toi tu n'as pas peur ? Oui bon écoute, hein, moi ça me fait peur. Tu vois, lecteur, je souffrais par le passé d'agoraphobie, au point de n'avoir plus eu la possibilité durant un temps de sortir de chez moi. Alors bon, une tour immense de laquelle tu ne sors jamais, vivant collé à 800.000 humains... Ça le fait moyen moyen. 

Alors avant d'entamer le vif du sujet, je dois te parler de l'auteur, ce bon vieux Silverberg. Robert a le même trait de personnalité q'Asimov, tu sais bien, celui qui fait, qu'avec juste SES œuvres, tu as de quoi remplir une pièce entièrement. Et il fait pas mal de Science Fiction aussi. Donc, bien sûr, un auteur que j'aime. Il excelle, dans les livres que j'ai pu lire de lui, dans la torture de ses personnages et ce afin de dénoncer certaines problématiques de notre société. Du moins, c'est ainsi que moi je perçois son travail. Et fatalement, il produit des livres comme les Monades Urbaines qui, juste, ne peuvent pas te laisser indifférent. Ici, Silverberg nous présente une société très particulière, car post-apocalyptique. En effet, notre siècle a débouché sur une destruction pure et simple de l'humanité telle qu'on la connait. Pourquoi, me direz-vous ? Simplement la sur-population de la Terre qui conduit l'humanité à, plus ou moins, s'auto-detruire... Sauf qu'ils ont évolué. Au début du récit, coupé en différentes histoires de vie afin d’appréhender la monade dans son ensemble, on rencontre un habitant d'une des cités de Venus, colonisée par les hommes. La cité en question s'appelle Enfer au passage, ça s'annonce bien, hein ? Bref, on comprend que les habitants de Venus vivent plus ou moins comme nous ; j’entends par là dans de villes, avec des vêtements cachant bien tout, avec des maisons individuelles, et ainsi de suite. Et on comprend, dès la première page, que sur Terre, c'est plus vraiment comme ça. 

Déjà, moi qui suis athée, mais d'origine chrétienne (bien que ma famille ne soit pas pratiquante et pas vraiment poussé sur la religion), il y a un truc qui m'a trifouillé le ventre direct : l’infidélité. Mais pas genre un personnage qui couche avec une autre personne que son/sa compagne. Non, ça c'est rien. Ici, c'est simple, les femmes doivent accepter les avances de n'importe quel homme. Il y a d'ailleurs les "Promenades Nocturnes", tous les soirs, où les hommes baladent dans les étages de la tour, rentre dans un appartement, réveillent la femme et tirent un coup.Voila voila. C'est cool. Tu dors, tranquille, puis tu te réveilles avec un inconnu qui tire ta femme, ou si tu es une femme par ce même inconnu qui te prends comme ça, tranquillement. Bien entendu, d'ailleurs, les hommes travaillent et une bonne partie des femmes s'occupent des enfants, prennent soin d'elles, font a manger, et cetera. Et oui, en 2381, nous serons toujours une société patriarcale, où la femme est une esclave, doublée d'un jouet sexuel. Le personnage venant de Venus qui le vit d'ailleurs plutôt mal. Vous vous souvenez, le coup des vêtements qui couvrent un peu tout, comme à notre époque ? Et bien dans une Monade, non, les habits sont des plus légers, car ils sont fait pour montrer le corps (généralement féminin). 

Au fait, tu dois te demander pourquoi des tours et cie, non ? Et bien c'est simple, la Terre des années 2300 compte 75 milliards d’êtres humains. Je te fais confiance, lecteur, pour réfléchir un petit peu et pointer du doigt que, si ils sont autant, et que le monde s'est détruit juste après notre époque (donc dans les 7 milliards d’êtres humains), il y a un truc qui coince. Pour régler le truc qui coince justement, l'humanité vivant sur Terre a mis au point les Monades: des tours (et il y en a pas mal) qui contiennent dans les 800.000 humains. Comme ce sont des tours, le gain de place est énorme et il se trouve que la Terre est principalement occupée par... des champs. Du coup, niveau nourriture, c'est pas trop un problème, et comme niveau place ils s’élèvent plutôt que s’étaler, et bien ça passe. Mais évidemment, vivre dans un espace aussi reclus entraine des tensions. D’où le paragraphe précédant, qui est sensé supprimer les pulsions justement. Et bien, oui, femmes, vous n’êtes bonnes qu'à ça. Hein ? Une vision d’arriéré ? Chut. J'ai même pas entamé le meilleur : ils sont tous religieux. En soi, c'est pas un défaut bien que, personnellement, je trouve particulièrement con de croire en une divinité, mais on est pas là pour parler religion. Enfin pas en dehors du livre. 

Donc les terriens sont religieux. Oui, mais fanatiques ! Et si tu ne crois pas/applique pas les préceptes de la religion (qui consiste à dire que tu aimes Dieu, que tu dois faire un maximum d'enfant, que tu dois coucher avec tous le monde, que tu dois lécher le cul de chaque autres être humain et ... c'est à peu près tout) cela entraîne ta chute, au sens propre. Pour faire simple, la police arrête la personne (qui est appelé Anomo) et le jette depuis le haut de la tour. Simple. Rapide. Efficace. Par contre, il n'y a pas de racisme fixé sur la couleur de peau : au rythme auquel ils se reproduisent, et vu qu'ils baisent plus ou moins n'importe qui, on obtient un mélange de tout. Donc niveau couleur de peau, ça va, il n'y a pas trop de différence. 

Bien entendu, je te fais confiance pour avoir noté que je parlais de racisme sur la couleur de peau. Et bien oui, Silverberg dénonce, donc pas mal de trucs passent sous sa plume. Et le racisme a une place d'honneur ! Les Monades sont divisées en cité (regroupant un certains nombre d’étages) qui sont chacune spécialisée : exemple Louisville est la cité de ceux qui dirige. Rome, celle de l'administration, etc ... Et bien sur, il ne faut PAS coucher entre personnes de différentes cités. Hein ? Quoi, qu'est-ce qui va pas ? Ça peut faire des conflits ? Mais non, les dirigeants ont prévu le coup, et font passer un minimum de personne vers les cités supérieurs de temps en temps, histoire de mettre en place une carotte, puis ils laissent des travaux inutiles exister juste pour contrôler les masses (alors qu'ils ont les moyens techniques de faire disparaitre le travail dans la tour avec des robots). La base quoi. 

Bref, l'idée c'est qu'en apparence c'est une belle société, avec l'aide de la technologie, constitué de belles personnes, heureuses. Ça, ils vont te le sortir toutes les deux pages ! "Nous sommes heureux, nous sommes heureux, nous sommes heureux". Et putain de merde, non ils sont pas heureux, ils refoulent comme des porcs, et sont tous plus ou moins légumisés. Ah, je vous ai pas parlé de ça encore ? Quand quelqu'un commence à ne plus pouvoir rentrer dans le moule de la société, mais que c'est pas encore trop violent, c'est direct la balade vers les Ingénieurs Moraux. Des laveurs de cerveaux quoi. Tu la vois la belle société utopique ? 

Ce livre, comme pas mal de ceux de Silverberg, ne peuvent pas te laisser indifférent. Ou alors, tu as un problème. Enfin, s'entend par là que tu es trop détaché de ce que tu lis, ce qui est fort dommage, ou alors que tu es un religieux fanatique, extrémiste et nymphomane. Et non, ce n'est pas un bon combo.  Toujours est-il que je te conseilles de lire ce livre, et les livres de cet auteur en général. Son style d’écriture est un peu spécial, mais c'est un partie pris et, une fois plongé dans le récit, ça passe. Les univers qu'il décrit sont toujours complets, même si parfois un peu simpliste à mon gout (à noter que c'est encore un parti pris de l'auteur). Si ce que je t'en ai dit t'as fais un minimum réagir, le livre est bien plus puissant et intéressant à lire ! Si cela ne t'as pas fais réagir, va lire le livre pour qu'il te fasse réagir. Au passage, sache que je n'ai pas parlé des fermiers (les terriens ne vivant pas dans les tours) qui vivent et se comporte comme des barbares arriérés ; ni de ce que vont te montrer chaque personnage qu'on suivra dans le livre (on suit des habitants des différents niveaux de la tour) nous montrant que dans le fond l'utopie ne fonctionne pas, et pour personne. Joyeux Halloween à vous et n'oubliez pas, l'important c'est bien d'avoir un livre au coin de l’écran !

Rédigé par Mortak.

dimanche 1 novembre 2015

[Du Livre à l'Ecran] Le Chateau de Hurle - Diana Wynne Jones / Le Chateau Ambulant - Hayao Miyazaki

Aujourd'hui on va parler un peu d'une autre de mes passions (parce que oui, je n'aime pas que les livres. J'aime aussi Asimov bien sur, mais j'aime plus de deux choses, pour de vrai ! ), j'ai nommé : les films d'animations.

J'ai toujours énormément adoré les films d'animations; pas tous bien entendu, il faut savoir faire le tri, c'est comme avec les livres. Mais par exemple (et ça tombe bien vu qu'on va parler de lui après) Hayao Miyazaki a fait des œuvres purement et simplement sublimes. Pour ceux qui ne le connaissent pas (oui, lecteur, il y en a encore) c'est le co-fondateur du studio Ghibli, le plus grand studio d'animation japonaise ; notre équivalent le plus proche serait probablement un Walt Disney. Et si tu ne connais pas non plus cet homme, et bien tu n'es pas dans la capacité de lire ce blog en fait; tu ne peux que vivre au fin fond d'une grotte. Je vois pas d'autres explications. 

Bref, le studio Ghibli a produit certain de mes personnages préférés, comme Totoro. Parce que oui, j'adore cette grosse boule de poil. Ma compagne, la plus belle femme sur terre et la plus intelligente, m'a d'ailleurs offert une statuette de Totoro, qui trône fièrement en dessous d'un de mes écrans d'ordinateurs, contre une dague provenant de Tolède et généralement une tasse de café en forme de casque de Stormtrooper (qui, selon certain, à la taille d'un pot à cookie). 

Toujours est-il que le studio Ghibli et plus spécialement Hayao Miyazaki n'a pas toujours créé des films d'animation à partir de rien ; tout comme un certain nombre d'autres auteurs/artistes. Certains le reconnaissent, comme Miyazaki, et d'autres non... (et là je pense particulièrement à Luc Besson par exemple, qui vient de se faire taper sur les doigts par les juges français pour une affaire de plagiat). En l'occurrence, aujourd'hui nous allons parler du Château Ambulant, inspiré par l’œuvre littéraire de Diana Wynne Jones : Le Château de Hurle. 

Alors oui, je te vois qui me dit "mais qu'est-ce qui fait la différence entre inspiration et plagiat ?". Et bien déjà, l'inspiration tu la caches pas ; comme Miyazaki tu dis clairement que tu t'es servie de tel ou tel matériel de base. Et si tu ne le fais pas, et que tu te fais prendre, et bien c'est du plagiat. Bref. On est pas là pour ça, bien j'aime bien taper sur Luc Besson, qui est injustement aimé à mon sens ; non, nous sommes là pour parler de Miyazaki et Diana Wynne Jones.

Il faut savoir que le Château Ambulant est une adaptation libre du Château de Hurle ; ainsi, un certain nombre de différences plus que notables apparaissent entre les deux récits. Une des premières : il y a une suite au livre (deux pour être précis) et ce n'est clairement pas le cas pour le film d'animation. En soi, ce n'est absolument pas un problème puisque le film (comme le livre d'ailleurs) ne finit pas avec une question (non l'histoire est, dans les deux, assez clairement finie). Par contre l'auteur Diana Wynne Jones a continué à faire vivre son univers, l'a développé un peu plus, nous faisant voir d'autres pays, etc... Ensuite, dans le contenu même... il y a une guerre entre pays dans le film d'animation (la guerre et l’aviation sont des thèmes récurrents chez Miyazaki), donnant un contexte bien particulier à l'histoire (la disparition d'un prince ayant joué dans la guerre, la participation au magicien du château dans les batailles, etc...) et une atmosphère de danger se met en place avec les scènes de bombardements de la ville natale de Sophie, l’héroïne, ou encore la scène du retour en piteux état de la flotte de guerre juste avant l'arrivée des ennemis. Et dans le livre : il n'y a juste pas de guerre, en fait. Le prince disparut ? Non plus. Globalement, les autres pays, on s'en tape un peu. L'auteur trouve un tout autre moyen pour nous accrocher aux personnages, et réveiller des sentiments en nous.

Ensuite, si Sophie reçoit bien un sort par la Sorcière du Désert aka la Sorcière des Landes (qui est une grosse pute, soyons d'accord), lorsque la jeune fille fuit et arrive au château, et bien... Calcifer fait directement un marché avec Sophie, genre au bout de trois échanges de paroles. En résumé ça donne : "Tu veux pas qu'on mange ton cœur ? Tu es victime de sortilège. C'est puissant, mais je pourrais le défaire avec de temps et des efforts. Il faut pour ça qu'en échange tu me rends un grand service, non ? Un service pour un service. On conclu un pacte ? " Les mots ne sont pas les mêmes que dans le texte, mais c'est globalement ça. D'ailleurs pendant que j'y pense : le château ambulant, ses fortes murailles, et tout le bataclan, c'est juste pour tenter de repousser la Sorcière du Désert. Et bien oui, dans le livre Hurle (le magicien Hauru dans l'animé) est une grosse flipette qui trouve l'idée du siècle : gros château = grosse paire de c... Oui, Hauru a juste quelque chose à compenser dans le livre. Voila voila. Tout le long du livre vous allez le voir chanter, tomber amoureux d'une femmes, déprimer parce qu'il s'en ait lassé et rien branler. A noter que, contrairement à la version de Miyazaki, le personnage aura tout de même plus de profondeur et on le verra ainsi voyager dans un pays très lointain (qui me fait penser instinctivement à l'Angleterre, je sais pas trop pourquoi) où il rendra visite à sa famille. Et oui, Hurle a une famille, il a même une sœur qui a plusieurs enfants et qu'il adore particulièrement (les enfants, pas la sœur qui a tendance à geindre et du coup à le saouler un peu). D'ailleurs en parlant de Hurle, la porte qui donne sur un champs de fleur et qui est plus ou moins présenté au spectateur comme le passé de Hauru, qu'il recréé quand le château est déplacé... et bien en fait dans le livre c'est une création récente de Suliman pour contrer l'avancée du désert et donc de la sorcière qui y réside. Et en parlant de Suliman, on va y revenir dans le prochain paragraphe.

Au niveau de la famille de Sophie, il faut souligner qu'une des deux sœurs va partir pour devenir... sorcière. Parce que voila. D'ailleurs la sœur que vous voyez dans l'animé, travaillant chez un pâtissier, est en fait celle envoyée apprendre la magie. Mais les deux sœurs n’appréciant aucunement leurs positions respectives échangent de place grâce à un sort découvert par la première sœur. Oui, dit comme ça c'est un peu le bordel. Mais bon d'un coté, c'est l'avantage du livre : tu peux tout y dire, prendre ton temps ; un film, lui, est toujours limité en temps. Tiens, au passage, Madame Suliman dans l'animé est dans le livre l’enchanteur Suliman. Un homme. Qui d'ailleurs, attention voici l'instant spoil, finit avec Lettie à la fin du livre (la sœur de Sophie). Le Prince Justin existe bien, il est juste le frère du Roi et c'est tout. Il n'y a pas vraiment de guerre, donc bon... Il est juste un posé là. Et la Sorcière du Désert ? Vous croyez qu'elle finit juste comme une vieille ? C'est évident que NON ! La Sorcière est complétement bouffé par son Démon, qui lui accorde, certes, de grands pouvoirs mais qui , également, lui bouffe son âme. C'est compliqué après de rester intègre sans son âme. Et d'ailleurs elle cherche Hurle juste pour lui piquer son cœur, littéralement. Et à la fin du livre, le magicien va juste écraser le cœur de la sorcière, enfin ce qui en reste, l’effaçant littéralement de la réalité. Voila voila. Autant pour le coté mignon de l'animé hein ?

Bon du coup je te vois plein de question, cher ami lecteur. Que faire ? Que voir ? Dois-tu manger cette part de gâteau ? Ou retourner regarder la télé (qui a le mérite de mettre en pause toute forme sophon évolué) ? Qu'est-ce qu'un sophon ? Qui se cache derrière les lunettes du Blond ? Je me contenterais de te répondre que l'animé est excellent, qu'il te montre un univers steampunk tout à fait sympathique, en y mêlant un peu de magie sans oublier la tension dûe à la guerre. Si tu ne l'as pas vu, n’hésite pas à aller le voir ! Pour le livre, l'univers présenté est bien plus varié et profond, tout comme les personnages. L'auteur a pu se permettre de prendre plus de temps pour tout mettre en place, et on y voit quand même un aspect moins "mignon", notamment avec la mort de la Sorcière. Bien sûr il reste un aspect conte, un peu niais (notamment avec Sophie qui finit, bien entendu, dans les bras de Hurle) avec un Happy End digne d'un film américain. En bref, procure toi les deux ; pour moi les deux furent une expérience appréciable. Et bien sur, il faut toujours garder en tête que l'important, c'est d'avoir un livre au coin de l’écran !

Rédigé par Mortak.

jeudi 22 octobre 2015

[Critique] La Roue du Temps - Robert Jordan puis Brandon Sanderson

Bonjour à toi, lecteur. Parlons peu, parlons livre. On s'attaque ici à une œuvre assez complète (le nombre de tomes variant selon les éditions mais, dans le cas le moins violent, quatorze tomes. Dans le plus violent, plus de vingt. Tranquille quoi). Il s'agit d'une série que j'ai commencé à lire assez tôt et que je n'ai toujours pas fini, non pas par ma faute, mais bien par celle des éditeurs français. Oui, on va casser du sucre ici. Avoue, tu aimes bien quand on grogne, hein ? 

Bon, avant d'ouvrir les hostilités, il faut pointer un truc. Comme tu l'as vu dans le titre de l'article (tu l'as lu, n'est-ce pas ? ) il y a deux auteurs qui se sont succédé. En effet la Roue du Temps est un roman de Robert Jordan, mais il est décédé avant de le terminer. Il a eu connaissance de sa maladie environ un an avant sa mort, et il a donc laissé quantité de note pour qu'un autre auteur puisse finisse son œuvre ; Brandon Sanderson est la personne choisie pour continuer et finir le récit. Ce qui est d'ailleurs fait. Mais pas en France. 

Et maintenant, je vais pointer mon arme sur les éditions françaises, composée de haine pure et de ressentiment. Bordel de merde, ce que vous pouvez être mauvaises ! Déjà, il existe trois éditions. Normal hein ? Trois éditions faites par trois maisons d’éditions différentes, bien entendu. Toutes incomplètes. Au mieux. La première a déjà ce grand kiffe (sous-entendu envie de te faire raquer un maximum de tunes) particulièrement récurrent des éditions françaises de couper en deux chaque tome étranger. Tu te dois d'accepter cette vérité, lecteur : la plupart des sagas que tu lis, d'origine étrangère, sont en éditions originales deux fois plus courtes. Et ici l’édition originale est longue de quatorze tomes. Elle a été annoncée par Robert Jordan assez tôt dans sa publication, d’après ses estimations au vu de la longueur de ses tomes et de la taille de son intrigue, et son pronostic s'est avéré juste, même avec la reprise du récit par Mr Sanderson (Oui, tu penses à Matrix et moi aussi, mais chut c'est pas lui, il y a un S.). Et en français la publication la plus avancée nous fait un total de vingt-deux tomes. Et il en manque trois de la version originale. Vous le sentez venir le fist anal là ? Non ? Alors j'ai mieux : la traduction est bâclée. Et bien, oui, faire du bon travail c'est compliqué, déjà que c'est dur de doubler les tomes, ça demande beaucoup d'efforts. Je veux dire, autant prendre Roberta, la pote ivrogne de Michel. Tu te souviens de Michel, le gars qui écrit sur un bout de papier trois conneries quand il a picolé, au Bar Mitsva ? Maurice, le tenancier, l'aime bien, et puis Roberta semble intelligente, surtout quand elle baragouine des "I go to Irlande in a fly". Ce qu'on pourrait en gros traduire par "Je vais en Irlande en mouche". 

Donc bon, déjà on allie qualité mauvaise, très mauvaise, et envie de prendre un max de tes tunes. Alors... pourquoi je t'en parle ? Et bien malgré ça, c'est un récit suffisamment excellent pour être bon malgré ça. Et puis surtout, avec le travail horrible fait par les deux premières maisons d’éditions (Rivages et Fleuve Noir, vous avez toute ma haine), la femme de Robert Jordan est venue voir ce qui se passait en France, n'a pas aimé ce qu'elle a trouvé (c'est un euphémisme) et a envoyé péter Fleuve Noir (Rivages avait déjà arrêté d’éditer, parce que yolo). Et c’était une putain de bonne idée ! Et elle a prit Bragelonne pour faire une troisième édition en français (et j'aime plutôt bien cette maison d’édition, je l'avoue.) qui contrairement a FN (oui, ce raccourci est voulu. Pour moi, ils sont semblables. Nocifs même. Au même titre. Je les hais.) n'a pas juste repris là où la précédente maison d’édition (Rivages pour FN, FN pour Bragelonne) s’était arrêtée, ce qui est encore une fois une bonne idée, mais à repris de zéro. En respectant les publications de base. Donc quatorze tomes. Et putain, avec une traduction digne de ce nom ! 

Je pourrais gueuler des plombes sur Rivages et Fleuve Noir, notamment sur le fait de publier des tomes où on ne parle que d'un putain d'unique jour. Sachant qu'ils publiaient près de quatre tomes par an. Et ils publient un livre où il ne se passe qu'un jour. Vraiment. Sérieusement, je ne vois pas comment tu peut essayer de les rattraper quand tu vois à quel point ils te font cracher ton argent. Oui lecteur, je sais, mon article transpire de haine. Mais c'est tellement mérité !

Bref, passons à autre chose, comme le récit peut être ? Comme le nom de la série l'indique, dans cet univers le temps est une ... roue. Incroyable, hein ? Alors, je te vois venir, là, me disant "oui c'est bien beau mais sinon, ça veut dire quoi ? ". Et bien simplement que l'Histoire est un cycle éternel ce reproduisant encore et encore. Le récit qu'on y suit s'est déjà déroulé, et se déroulera encore. Rien ne change dans le fond, car quoique qu'accomplissent les héros, se sera défait. Et il en va de même pour les opposants. Ça, c'est sur le papier ce qu'on vous dit au début. Sauf que... il y a le Ténébreux. Alors, honnêtement, je sais pas trop comment te dire ce qu'il est. En gros, au début il y avait le Créateur, il a fait le monde, l'a lancé sur une roue et c'est barré. En gros. Et ces cons d'humains, comme toujours, en évoluant... Attend. Lecteur, ici je vais te spoiler ce qui fait le charme de cette série. Si tu ne l'a pas encore lu, ne lis pas. En effet la finalité de cet article est de te conseiller de t'acheter cette série. C'est presque aussi bien qu'un livre de Isaac Asimov. Donc vraiment, si tu ne l'as pas lu, casse-toi et va te procurer les sept tomes publiés par Bragelonne. Je sais, il en manque encore sept, mais c'est la meilleure édition en français. Si tu en es capable, prends une édition originale, tu auras les quatorze tomes. 

Bon, tu es toujours là ? Tu veux vraiment être spoiler d'une des caractéristiques faisant le charme particulier de cette série ? Fou que tu es. Attention ... L'attente est insoutenable hein ? Le récit commence donc en tant que pure heroic fantasy et vers le tome sept des premières éditions (si mauvaises) françaises, donc vers le début du tome quatre originel, on apprend que c'est de la Science Fiction. Et oui ma biatch. Rien que ça. En effet, les humains évoluent à un tel point qu'ils colonisent d'autres planètes, modifient le génome d’espèces vivantes, etc... et trouent la réalité. Oui. Quoiqu'on fasse, l'humanité fait toujours des conneries. Bref, en trouant la réalité la première fois, ils ont créé/révélé le Ténébreux. Qui n'est pas méchant pour être méchant. Non. Il veut juste envoyer balader la roue, il veut arrêter le cycle. Et plus les cycles passent, et plus ça le saoule. Parce que, bien sûr, les Hommes rebouchent le trou. Donc le renferme jusqu'au retour de la roue où ils ouvrent à nouveau la porte. Et bien oui, le Ténébreux il y va pas par quatre chemins, ça le saoul qu'on lui ferme la porte au nez à répétition ; du coup il fait complétement péter la société, fait retomber l'humanité à une ère d'obscurantisme quand on lui ouvre la porte. Et c'est pour ça qu'au moment où commence le récit, c'est un monde d'heroic fantasy, une ère médiévale, des monstres bizarres, etc... D'ailleurs j'aime beaucoup le fait que les monstres bizarres justement, c'est une création d'un des scientifiques qui était avec le Ténébreux. Il a juste manipulé le génome de différentes espèces et pouf, des espèces d'orcs sont apparues. Des trollocs de leurs petits noms. 

Comme autre point important : les Ta'verens. Et les héros. Qui ne sont pas forcement la même chose. Comme tout auteur un minimum bon, et Robert Jordan est très bon, les méchants sont pas méchants pour être méchants. Et il n'oublie pas non plus qu'un homme peut être un grand homme (dans le sens important) et pourtant être un connard fini. En effet, selon la force de ton action sur le monde, tu peux être choisi, à ta mort, par l'univers lui-même pour revenir au cours du temps pour que certaines actions se passent. Pour respecter le cycle quoi. Un Ta'veren, c'est ça mais vachement plus fort. Je t'ai perdu ? On va reprendre tranquillement. L'Univers est une succession de couches. Chaque couche est une réalité possible. L'endroit où se rejoignent toutes les couches est le Monde des Rêves. Dans ce monde il n'y a que deux types de personnes: les gens qui dorment et arrivent par malheurs à le pénétrer (ce qui se passe dans ce monde ce passe dans tous les mondes = tu meurs dans le Monde Des Rêves, tu meurs pour de vrai. Pas cool le cauchemar, hein ? ) et les héros. Les héros sont ces personnes dont les actes ont eu tant de répercussion qu'ils ont été attaché au temps lui-même et qu'ils reviennent de temps en temps pour forcer la venue de certains événements, afin de respecter le cycle du temps. Un Ta'veren, c'est un mec qui force le monde qui l'entoure à se plier à ce qu'il veut lui; généralement il devient un héros. Et donc pour reprendre le début du paragraphe : un "héros" peut être du coté des gentils comme des méchants. Par exemple le mec qui a ouvert le trou dans la réalité, c'est pas toujours le même. D'un cycle à l'autre, le mec qui le fera aura été dans un autre cycle du coté opposé à l'ouverture, et inversement par la suite. Le héros principal, Rand, est actuellement contre le Ténébreux. Mais par le passé il a été avec lui (ou pas; le choix est fais au hasard). Et dans le futur, il pourra être contre lui  à nouveau, ou bien être avec lui. Dans le fond, ça importe peu tant que quelqu'un est là pour accomplir les actions nécessaires à la continuation de la Roue du Temps. 

Bon là je t'ai filé deux des points que je préfère dans ce roman, mais le style d’écriture est, également, purement excellent. Robert Jordan est un maître au niveau de l’écriture, il n'y a rien à redire. C'est juste beau, intense, immersif. Malgré la complexité du récit et surtout de l'univers, il arrive à rendre l'ensemble compréhensible. Brandon Sanderson, bien qu'il ait, à mon sens, un peu de mal à reprendre aussi bien le récit initialement, finit par avoir un style assez semblable a l'auteur original et tout aussi beau au bout de quelques chapitres. Quand on commence à lire ça, on a un peu l'impression de voir l'univers d'un Tolkien, avant que la complexité de l’œuvre vous montre toutes les subtilités de cet univers. Puis, il n'y a pas d'elfes. Ni de nains. Pour les orcs, il y a les trollocs qui s'en rapprochent, mais pas vraiment. Bien entendu, aux niveaux du comportement des bad guys, on observe plein de coups de pute et de tentatives de se placer à une meilleure place que ses confrères, mais du coté des forces du bien c'est tout pareil. Les intrigues pourront vous rappeler du Game Of Throne, à la différence près que c'est GoT qui s'inspire de la Roue du Temps et pas le contraire. Même les personnages immortels (ceux attachés au temps, et qui reviennent de manière cyclique) ne le sont pas, et franchement, juste mourir c'est pour les faibles : quand tu aura vu deux/trois tortures du livre, tu verras, GoT c'est un peu de la pisse de chat. Le "Nan, mais dans GoT il y a trop de personnage, c'est trop dur, nan mais allo quoi !", et bien tu vas pouvoir te le carrer bien profond. Surtout quand Rand sera reconnu par les différents états pour ce qu'il est (champion du bien, tout ça tout ça) et que le Jeu des Maisons (la politique des maisons nobles en mode grosses putes) va se développer partout. Je te dirais juste qu'il y a suffisamment de personnages principaux et secondaires importants pour que tu ne puisses pas te souvenir de tous. Et il y en a, environ, le triple que dans GoT. Et ça ne prend pas en compte les personnages secondaires pas importants. Bref. C'est bien, C'est beau, c'est bos... C'est à lire. 

Je ne vais pas te spoiler le récit plus que ça, je l'ai déjà bien assez fait et pourtant j'ai à peine effleuré l'histoire du livre. Évidemment, cela se résume à ''Rand casser tête Ténébreux'', mais c'est tellement plus que ça ! Cependant, accroche-toi, car l'univers est vraiment complexe, et si tu rajoutes le fait que les personnages vivent à plusieurs époques et se souviennent des anciennes (et j'en passe) et bien te voilà parti pour un bon mal de crane. Le roman est excellent, prends-le en version originale ou, à défaut, procure-toi les tomes publiés par Bragelonne, même si il te faudra sept ans pour arriver à la fin, vu qu'ils sortent un tome par an. Mais bon, vu la taille des livres... C'est assez raisonnable. Puis la qualité est au rendez-vous. Si tu vois les publications de Rivages ou Fleuve Noir, et bien, brule-les sur un bucher. Enfin, dans tous les cas, que ce soit cette saga ou une autre, l'important c'est bien sûr d'avoir un livre au coin de l’écran.

Rédigé par Mortak.

vendredi 16 octobre 2015

[Critique] Les aventures de Jack Howard - David Gibbins

Bonjour à toi lecteur, aujourd'hui n'est pas coutume, on va parler livre. Et pour être précis, trois livres de David Gibbins : "Atlantis", "Le Chandelier d'Or" et "Les Dieux d'Atlantis". Si vous connaissez l'auteur, vous vous demandez pourquoi, j’espère, je suis passé du premier et second roman au sixième ? Oui, non ? De toute manière, je vais vous répondre. 

Pour être  franc, je ne roule pas sur l'or, et acheter des livres demande d'avoir des revenus un minimum suffisamment élevé pour pouvoir s’acheter de quoi vivre et de quoi s'acheter des choses annexes. Malheureusement, les livres, bien que je les considère personnellement comme une denrée nécessaire à ma survie, rentre dans la seconde partie (en vrai, je télécharge des e-books pour ma kindle, mais chut). Bref, je n'ai pas eu l'occasion de tomber sur les autres livres. 

Pour être franc, j'ai lu les premiers tomes plus jeunes, d'environ cinq à six ans. Et j'ai beaucoup aimé ces premiers tomes, que je n'ai pas relus depuis. Le tome six est par contre une acquisition plus récente, que j'ai lu durant l'été... et que je n'ai pas aimé. Bien que je n'ai pas bouquiné les premiers tomes depuis un bail, la lecture de ce tome m'a donné un nouveau regard sur la série. Et pour être franc, toi lecteur qui me lit, j’admets qu’éventuellement tu as pu lire ces mêmes livres. Et je te demande donc de me faire, en bas de cet article, un petit commentaire afin que tu me donne ton avis. 

Je me suis rendu compte que Jacquie (oui, maintenant Jack Howard à son surnom) a le syndrome d'Indiana Jones. Alors, oui, je sais tu aime ce héros plus que tout, c'est ta série préféré, tout ça tout ça. Mais non. Indiana c'est juste un mec qui est chanceux. Mais genre il a récupéré le stock de chance de toute la planète Terre pour sa personne à ce niveau là. Il est absolument pas badasse, il avance dans ses aventures par la grâce du cul. Et je trouve ça particulièrement énervant. Sans compter qu'il détruit chaque chose qu'il touche ou presque, sauf les trucs dorés et lumineux. Et non, un archéologue véritable ne fait pas ça. Je te le jure lecteur, il ne fait pas ça. Pour un vrai archéologue, chaque chose qui provient du passé est important, aussi bien l’œuf en or géant que le reste de caca. Le premier car il donne des informations sur l'artisanat, et le second car il donne des informations sur l'alimentation, le type d'agriculture, etc... Le caca est limite même plus intéressant. Si. Les archéologues sont limites des scatophiles. Limite. 

Bref, et Jacquie (ne pense pas a Michel, lecteur ! ) il a le même problème dans ce tome six : la moitié des trucs sont jetés à coté, il fonce vers le bidule doré et lumineux et bas les couilles du reste, plus ou moins. Attention, lecteur, là je vais spoiler la fin : le héros va à la fin du bouquin, pour empêcher une hypothétique fuite du méchant parce qu'il est méchant (oui, lecteur, les personnages méchants juste parce qu'ils sont méchants, sans justification, c'est nul. On sait faire mieux quand même.) va jeter le truc doré et lumineux au méchant, pour que celui-ci mette de coté son instinct de survie trente secondes, et qu'il coule. Et meurt. Je vais également te spoiler le contexte: les protagonistes sont en plein océan, à quelques mètres de profondeurs, et si ils remontent pas rapidos, ils meurent. Si le méchant descend de quelques mètres supplémentaires, la pression l’empêchera de remonter et le tuera. Bref. Dernier détail : le fond marin donne directement sur le centre de la terre. Oui oui. C'est le livre qui l'a dit ! Bon, posons un dernier détail : Jacquie a tout à disposition. L'argent, le matériel, l'ami militaire en permission avec un avion ultrasonique gentiment laissé par l'armée... voila voila. 

Donc bizarrement, j'ai passé un mauvais moment lors de la lecture de ce livre.Mais genre vraiment vraiment. Le style d’écriture est pas mauvais, en soi, mais ce qui en ressort c'est un sentiment de facilité. On a vraiment l'impression de voir un film basique américain d'action (Scenario ? Quoi être ? Moi avoir muscle, ça suffire ! ). La mort pitoyable du bad guy qui bug quand il touche enfin le bidule doré et qui du coup coulent de plusieurs mètres... Les gars... Une faille océanique qui donne sur le centre de la Terre... Lecteur, je te préviens, si actuellement tu n'es pas en train de pleurer au sol la douleurs de ton âme, c'est que tes gouts littéraires me déçoivent. Vraiment. Tu me déçois. Tu ne pleure toujours pas ? Soit. Tu sais, j'aime te voir souffrir, lecteur. Bref, le contenant est sympa, mais très clairement le contenu ne suit pas. Il y a toujours des références à de véritables recherches en archéologie, après tout David Gibbins est quand même un archéologue reconnu pour son expertise dans les civilisations disparues. Oui, l'auteur est un archéologue, comme son héros. Mais malheureusement la plupart du contenu de ce tome six laisse franchement a désirer.

Et pourtant ! Ce premier tome, ainsi que le second, était vraiment bien. On se sentait concerné par le héros, on vivait l'aventure avec lui, on avait peur pour lui. Notamment parce que tout ne lui souriait pas. Il n'y avait pas que les références aux travaux en archéologies qui étaient intéressantes, le récit l’était également. Dans le premier tome, Jacquie poursuit LE mythe entre tous les mythes de civilisations disparues: l'Atlantide. La seule, l'unique. On le sent mener l’enquête, et le récit avance parfaitement jusqu’à la fin, sans qu'on s’ennuie. J'ai lu ce livre en deux sessions, tellement je ne voulais pas en décrocher. Le second m'avait tout autant plus. Et là, trois tomes plus tard... je suis juste déçu. Jacquie est un putain de surhomme, les raccourcis scénaristiques sont légions, etc... Bref, c'est mauvais. Et on en vient donc, cher lecteur, à la partie où tu interviens : déjà, as tu lu ces livres ? Si oui, quel est ton avis ? J’idéalise mes lectures passés, et les premiers tomes étaient aussi mauvais que ce tome six, ou l'auteur a juste pondu une merde innommable ?

Dans tous les cas, comme tu le sais, l'important c'est d'avoir un livre au coin de l’écran !

Rédigé par Mortak.